06.09.2007

Le tram, rien n'est joué

Mardi soir (4 septembre 2007), réunion plénière des conseillers de quartiers pour disserter encore une fois sur le tram!

Accessoirement, nous avons appris qu’une nouvelle dépense (une de plus) apparaissait indispensable : le remplacement de la travée mobile du pont…

Et, encore du temps perdu en perspective dans un semblant de concertation sur quelques détails du projet qui vont mobiliser les conseillers de quartier de septembre 2007 à juin 2008. Comme d’habitude, la démocratie n’y trouvera pas son compte, car ils n’auront même pas voix au chapitre sur la « réorganisation des lignes de bus et de la construction du futur réseau bus/tram » qui intéresserait ceux qui n’habitent pas sur le trajet du tram (c’est-à-dire la majorité)…

Mais nouvelle importante : l’enquête publique n’aura lieu qu’en novembre 2008, cela nous a été confirmé lors de cette réunion. Rien n’est donc irrémédiable. Les brestois savent désormais qu’ils peuvent changer le cours des événements et annuler ce projet.

Heureusement ! Car les perspectives ne sont pas roses pour Brest. Aujourd’hui, les chiffres de la rentrée scolaire sont là, inquiétants, car symboliques de l’avenir de notre ville.
-En 2006, la baisse des effectifs fut de 155 enfants dans les maternelles brestoises publiques (un peu moins grande dans le privé).
-En 2007, cette baisse est de 185 enfants.

Cette rentrée met donc encore une fois en lumière cette réalité : les jeunes ménages actifs avec enfants quittent Brest. Aucune anticipation des responsables politiques qui semblent pris au dépourvu : des locaux, hier encore établissements scolaires sont maintenant vides ; on ne leur a pas trouvé d’affectation précise. Exemples : Pen Ar créac’h, le Guelmeur (maternelle qui avait été rénovée récemment, et que la ville n’a pas cherché à maintenir ouverte)… Mais, c’est vrai ; ce n’est plus d’écoles nouvelles dont nous avons besoin, mais de maisons de retraite, puisque la population brestoise vieillit irrémédiablement.

Rappelons encore une fois que la majorité de gauche avait tablé sur une hausse de 3500 ménages de plus par an pour établir le Plu. Au contraire, la ville a déjà perdu 4400 habitants entre 1999 et 2004, ainsi que l’ont montré les statistiques de l’Insee. Et, ça continue comme nous le constatons aujourd’hui encore.

Les lourds investissements, dont surtout le tram, ne peuvent se justifier que dans une perspective optimiste d’accroissement de la population. C’est donc une bonne partie de la politique de la collectivité qui est à remettre en cause, avant tout pour soutenir l’emploi.

06.07.2007

L’abri sadi-Carnot va être mis en valeur

Enfin, l’abri Sadi Carnot, ce lieu symbolique du passé de Brest, va être remis en valeur, comme le demandaient les bénévoles de l’Université de la paix (qui y organisaient des visites commentées depuis plusieurs années), comme le demandaient les associations patriotiques, comme le demandaient les familles des victimes, comme je l’ai demandé en Conseil Municipal l’an dernier en tant que membre du collectif mobilisé pour la réhabilitation de cet élément de notre patrimoine…

Cette décision répond à un devoir, car plusieurs centaines de civils français et des dizaines d’allemands (dont on ne connaît pas les noms) ont trouvé la mort dans cet abri. Soixante ans après, il était temps que la ville investisse la somme nécessaire pour en faire un lieu de mémoire et de réflexion sur cet épisode terrible que les vieux brestois n’ont pas oublié, sur la ville détruite, sur les souffrances liées à la guerre en général...

Il n’est pas possible de progresser à marche forcée vers l’avenir en oubliant le passé, même s’il est terrible. « L’indifférence des gens au souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour nos libertés a de quoi glacer le sang», comme l’écrivait l’an dernier un lecteur du Télégramme.

30.06.2007

Le Plateau des Capucins.

Pas un bruit, juste une sirène dans le lointain, et les bruits de la ville qui parviennent assourdis par le brouillard. Sur la Penfeld, en bas, pas un mouvement, plus un bateau en réparation. Ce lieu qui fut consacré à la construction navale, ces ateliers où ont travaillé des générations de brestois, tout est désert... L’école des apprentis qui formait les ouvriers de l’Arsenal est abandonnée elle aussi. Les ateliers ont été vidés de leurs machines ; seul et unique, le vieux pilon des forges de 6 tonnes, venu du Creusot il y a bien longtemps restera là, souvenir et témoin d’une époque industrielle révolue.

L’Arsenal a compté dans le passé jusqu’à 8000, 9000 ouvriers, avec tous les corps de métiers liés à la navale…On ne pourra plus écrire, comme dans le Larousse de 1900 : « L’animation vient surtout du port militaire, avec ses bassins, ses parcs, ses usines, ses ateliers de toute espèce »… Tout a changé. Comme chacun le sait, une fois de plus, une révolution technologique s’est imposée à la Marine qui va donc libérer cet endroit dont elle n’a plus l’usage.

Et le plus vite sera le mieux ; il faut que la vie renaisse. D’ailleurs, la transformation prochaine de ce plateau en quartier de ville se prépare. Et l’architecte Fortier va créer là un cœur attractif pour Brest. Les hauts murs seront abattus. Les brestois pourront s’y promener, et les habitants des 500 logements prévus bénéficieront de conditions exceptionnelles ; de même que les touristes et les participants aux séminaires qui seront accueillis ici… Il y aura des bureaux, un hôtel ; avec vue imprenable sur la rade, sur le château, sur les ateliers transformés par un designer.

Ceux-ci seront alors devenus un espace « Image et Son », abritant la Cinémathèque de Bretagne… L’école supérieure des arts y trouvera naturellement sa place…Le Fourneau aussi. Et il serait inimaginable que notre ville, « pôle de la mer » n’en fasse pas un haut lieu des « sciences et technologies de la mer »…

Le devenir des Capucins?…
Un lieu résidentiel de grande qualité architecturale et environnementale? Oui, bien sûr !
Un lieu de mémoire du passé industriel des Arsenaux, de la marine à voile jusqu’à nos jours ? On l’espère.
Souvenir, et aussi continuité ? Ce serait faire injure aux acteurs de ce passé et à la majorité des brestois de ne pas tenir compte de cette exigence…

Comme le fond du Salou, qui peut toujours accueillir des entreprises liées à la navale, cet endroit doit redevenir un lieu d’activités créatrices d’emplois. C’est cela, le développement durable…
Geneviève Henry, Conseillère municipale UDF

12.04.2007

Un patrimoine ignoré

La villa Mathon, où logea l’architecte chargé de la reconstruction de Brest après la guerre est située rue Poullic Al Lor, et elle est classée monument historique… Mais, en contrebas, totalement ignoré de la plupart des brestois on trouve un véritable site archéologique qui fut manifestement un village industriel du 17ème siècle.

Un four à chaux en parfait état est accessible ; on devine qu’il en existait plusieurs autres au pied de magnifiques murailles très hautes, elles aussi en très bon état malgré une végétation envahissante. Des arbres sont accrochés sur les terrasses ; du lierre s’enroule autour de porches en granite de Kersanton. Un filet d’eau s’écoule d’ une fontaine, ou plutôt d’une aiguade où s’alimentaient probablement en eau douce les navires amarrés en bas, à Porstrein. Sur le mur bétonné d’une construction en ruines on découvre des « corbeaux » caractéristiques de l’architecture Vauban… Des gravats de toutes sortes encombrent les lieux laissés à l’abandon depuis très longtemps, et ignorés, car il s’agissait d’une propriété privée.

Ce vaste espace bénéficie d’une vue superbe sur le port et il a été acheté par un promoteur. Des immeubles doivent y être construits. Il est normal de remettre en état cet endroit et de le rendre accessible aux brestois, à condition de préserver ces vestiges. Des recherches doivent être faites avant de construire quoi que ce soit et surtout avant la moindre destruction. Les restes des remparts ont été mis en valeur lors de la restructuration de la place de la Liberté ; ici aussi on doit faire preuve de respect devant ce témoignage de notre passé…
Geneviève Henry

10.04.2007

L'Abri Sadi Carnot;

Envisager l'avenir sans oublier le passé

Les abords de l'abri Sadi Carnot sont bien négligés par la ville... Rien n'est fait pour signaler au public ce lieu si symbolique du passé dramatique de Brest...

Depuis plusieurs années, les visites y sont organisées et commentées par les membres d’une association qui ont vu passer plus de 13000 personnes, 150 classes en 5 ans … Mais ces bénévoles, malgré toute leur bonne volonté vieillissent et ils trouvent la charge lourde à porter. Ils voudraient passer le relais.

Plusieurs centaines de victimes civiles ont trouvé la mort dans cet abri… Mais toutes ne sont pas citées sur la plaque commémorative. Une famille brestoise a perdu 10 de ses membres dans ce lieu ; seuls trois d’entre eux ont leur nom sur la plaque. Ce qui passe pour une non reconnaissance est comme une souffrance pour les descendants.

Du côté allemand, Il y avait là des soldats, des hommes qui n’étaient pas des fanatiques meurtriers… Pour les répertorier, rien n’a été fait.

C’est un peu comme si le travail de deuil n’avait jamais vraiment été entrepris. A l’heure de l’Europe, retrouver tous les noms des victimes serait perçu comme un message de réconciliation ; mais le travail de recherche par des historiens est urgent, car malheureusement, les témoins disparaissent petit à petit.

Cet abri n’est pas un banal tunnel. Il fait partie de notre patrimoine. Il devrait devenir une véritable annexe au musée où serait gardé le souvenir du vieux Brest. Et il est temps, plus de 60 années après la guerre, que les politiques de notre ville s’impliquent enfin pour en faire un lieu de mémoire et de réflexion sur la construction de la paix.

Geneviève Henry, conseillère municipale UDF