19.10.2007
La question de la fourniture d'électricité en Bretagne...
Le préfet du Finistère contraint l’exploitant du site éolien de Plouvien à suspendre sa production sous la pression des associations de riverains soumis à des nuisances…
Sans porter de jugement sur la décision en elle-même, ceci amène quelques réflexions au sujet du problème de la production d’électricité en Bretagne, problème soulevé au "Grenelle de l’environnement breton".
Un rappel des chiffres…
La Bretagne produit 5% de l’électricité qu’elle consomme; le Finistère entre 1 et 2%, essentiellement grâce aux éoliennes. Nous sommes en bout de réseau, presque totalement dépendants des autres régions. Ce qui a amené EDF à mettre en garde contre des risques de coupures.
Mais cela n’est pas encore arrivé, donc, on n’en parle pas, un peu comme si le sujet était tabou. Et, d’ailleurs, quel politique oserait dire qu’une centrale pourrait devenir indispensable à la pointe de Bretagne ? Nul n’a oublié l’épisode de Plogoff…
Mais, tiens, bizarrement, on n’entend plus guère les tenants de la doctrine écologiste intégriste protester contre l’électricité d’origine nucléaire ! Serait-ce parce que c’est la moins chère et la moins polluante, (nonobstant la question des déchets, évidemment)?...
Ce sujet mérite un véritable et large débat citoyen, car la consommation est toujours en hausse...
Sommes-nous vraiment prêts, chacun d’entre nous, à faire des économies d’énergie, à changer réellement notre manière de vivre ? Ce sera pourtant indispensable, si nous ne n’appliquons pas rapidement des techniques déjà développées ailleurs :
-Le solaire, la géothermie, sous développés, sans doute par manque d’incitations,
-Les éoliennes … On voit les blocages…
-La méthanisation : Nous sommes dans une région agricole qui doit vivre. Tous les déchets de l’agriculture, comme les déchets ménagers peuvent être transformés en gaz et en électricité. Cela se fait depuis longtemps en Hollande et en Allemagne… Et, ça marche ! Mais, là aussi, chez nous, combien d’oppositions et donc d’immobilisme?...
-L’hydrolien… Le Royaume Uni s’intéresse depuis longtemps à l’énergie issue de la mer… EDF investit dans ce domaine en Angleterre, un comble, quand on sait qu’ici les essais sont balbutiants. (Les chercheurs ne sont guère encouragés.)
Nous avons beaucoup de retard. Mais, ce retard peut être comblé avec une volonté forte pour mobiliser « la matière grise », en créant tout de suite (ainsi que cela a été proposé au Grenelle de l’Environnement breton ) « un centre d’essais des énergies issues de la mer » ; et plus tard, pour impulser une dynamique résolument tournée vers l’avenir, ne pourrait-on pas envisager : « un centre de développement sur les énergies renouvelables ? Nous participerions ainsi au grand défi de demain. N’oublions pas que selon une directive européenne de septembre 2001, la France est censée faire passer de 15 à 21% la proportion de son électricité produite à partir d’énergies renouvelables.
10:35 Publié dans Actualités, Agriculture, Aménagement du territoire, Economie, Emploi, Energie, Environnement, Politique, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, Bretagne, energie, électricité, éoliennes
06.09.2007
Le tram, rien n'est joué
Mardi soir (4 septembre 2007), réunion plénière des conseillers de quartiers pour disserter encore une fois sur le tram!
Accessoirement, nous avons appris qu’une nouvelle dépense (une de plus) apparaissait indispensable : le remplacement de la travée mobile du pont…
Et, encore du temps perdu en perspective dans un semblant de concertation sur quelques détails du projet qui vont mobiliser les conseillers de quartier de septembre 2007 à juin 2008. Comme d’habitude, la démocratie n’y trouvera pas son compte, car ils n’auront même pas voix au chapitre sur la « réorganisation des lignes de bus et de la construction du futur réseau bus/tram » qui intéresserait ceux qui n’habitent pas sur le trajet du tram (c’est-à-dire la majorité)…
Mais nouvelle importante : l’enquête publique n’aura lieu qu’en novembre 2008, cela nous a été confirmé lors de cette réunion. Rien n’est donc irrémédiable. Les brestois savent désormais qu’ils peuvent changer le cours des événements et annuler ce projet.
Heureusement ! Car les perspectives ne sont pas roses pour Brest. Aujourd’hui, les chiffres de la rentrée scolaire sont là, inquiétants, car symboliques de l’avenir de notre ville.
-En 2006, la baisse des effectifs fut de 155 enfants dans les maternelles brestoises publiques (un peu moins grande dans le privé).
-En 2007, cette baisse est de 185 enfants.
Cette rentrée met donc encore une fois en lumière cette réalité : les jeunes ménages actifs avec enfants quittent Brest. Aucune anticipation des responsables politiques qui semblent pris au dépourvu : des locaux, hier encore établissements scolaires sont maintenant vides ; on ne leur a pas trouvé d’affectation précise. Exemples : Pen Ar créac’h, le Guelmeur (maternelle qui avait été rénovée récemment, et que la ville n’a pas cherché à maintenir ouverte)… Mais, c’est vrai ; ce n’est plus d’écoles nouvelles dont nous avons besoin, mais de maisons de retraite, puisque la population brestoise vieillit irrémédiablement.
Rappelons encore une fois que la majorité de gauche avait tablé sur une hausse de 3500 ménages de plus par an pour établir le Plu. Au contraire, la ville a déjà perdu 4400 habitants entre 1999 et 2004, ainsi que l’ont montré les statistiques de l’Insee. Et, ça continue comme nous le constatons aujourd’hui encore.
Les lourds investissements, dont surtout le tram, ne peuvent se justifier que dans une perspective optimiste d’accroissement de la population. C’est donc une bonne partie de la politique de la collectivité qui est à remettre en cause, avant tout pour soutenir l’emploi.
08:45 Publié dans Actualités, Aménagement du territoire, Environnement, Patrimoine, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, tram, ecoles, baisse de population, politique
14.08.2007
Nuage noir sur la zone portuaire
Une fois de plus, samedi après midi, un épais nuage de fumée noire (sans doute des pneus qui brûlent) monte sur le ciel bleu à partir du terre-plein du Vieux Saint-Marc; cet espace, c’est la zone Seveso où sont concentrés les réservoirs de carburants, les sphères de stockage de gaz avec le site de dépotage, la réparation navale, une casse … Pas très loin du quai où arrivent les bateaux de croisière…
Ce n’est pas la première fois qu’un feu éclate à Brest Récupération… Le précédent feu sur cette casse fut très impressionnant… Et, il y a deux ans, c’était un hangar qui brûlait à cent mètres des stockages; les spectateurs s’étaient agglutinés près de la station d’essence située au bord de la route au dessus sans que personne ne prenne conscience des risques.
Ces incendies, plus importants que celui-ci avaient duré plus longtemps. Il faut dire qu’il n’y avait pas de journaliste pour prévenir les pompiers comme le hasard a voulu que ce soit le cas samedi.
En effet, un journaliste de Télé Breizh posté en haut de la rue Roger Vercel au-dessus du port, venu pour filmer le départ de la course du Figaro Afflelou qui quittait Brest en ce bel après midi du mois d’août a prévenu les pompiers. Personne plus proche du lieu du sinistre n’avait jugé bon de les avertir.
Mais y avait-il quelqu’un dans les parages. Y a-t-il seulement un service de vigilance incendie sur le port? Il est plus que temps de mettre en place un système du genre de celui qui existe au Havre où toutes les informations sont centralisées à la capitainerie du port, véritable tour de contrôle qui prévient les risques… Geneviève Henry
09:35 Publié dans Actualités, Environnement, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Brest, securité, zone portuaire, Seveso, incendie, prévention, carburants
26.07.2007
Contradictions
1989, premier acte politique de la nouvelle équipe municipale de gauche : un référendum pour amener les brestois à refuser le projet de tramway monté par la municipalité précédente… A l’époque, les perspectives économiques étaient pourtant favorables.
En 2007, donc trois mandats plus tard, l’équipe de gauche qui invoque toujours la notion de « démocratie de proximité » veut imposer coûte que coûte ce moyen de transport, et ceci, sans consulter les brestois.
Au début de cette année ont fleuri de grands panneaux publicitaires, échantillons de la débauche de « communication » et des opérations de « relations publiques » coûteuses qui suivront… Ils étaient destinés à amener les brestois à de « Grandes réunions publiques », programmées... «afin que les conseillers de quartier de la ville occupent une Place Privilégiée »...« première étape avant d’engager » avec eux « une Concertation plus approfondie sur certaines thématiques du projet tramway »... suivant les termes employés officiellement.
Mais, ce ne sont que des mots. En réalité, un flou artistique a été maintenu sur tout ce qui peut fâcher… On n’a pas dit la vérité aux brestois.
Ainsi, lors de ces réunions, on ne leur a pas parlé des travaux indispensables pour le passage du tram sur le pont de Recouvrance (travaux pourtant prévisibles) et qui le rendront inutilisable pendant au moins 8 mois, portant probablement un coup terrible au commerce de centre ville et aggravant encore la note pour tous. (A ce propos, rappelons que le coût initial de 245 millions d’euros (HT) dépasse déjà les 300 millions.)
Au cours de ces réunions, on ne leur a pas clairement expliqué que la rue de Siam serait une voie piétonne, de même que la plus grande partie de la rue Jean Jaurès?
Au cours de ces réunions, n’aurait-il pas été logique de considérer les brestois comme des adultes, en reconnaissant que l'intention (de la municipalité actuelle) est de privilégier totalement les transports en commun, et de chasser les voitures de la ville ? C’est un choix fondamental.
La défense de l’environnement est une grande cause à laquelle nul n’est insensible, et les impératifs écologiques sont admis par tout le monde. Mais ceci ne veut pas dire que le tram soit le mode de transport idéal chez nous.
Maintenant que la ville s’appauvrit, le tram ne peut être imposé par idéologie à ceux qui restent y vivre. Sur une sujet qui engage autant leur avenir, l’avis des brestois doit être sollicité, à plus forte raison dans notre cité qui, contrairement à ce qui se passait en 1989, a tendance à se dépeupler.
Geneviève Henry, Conseillère municipale et communautaire
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22:30 Publié dans Actualités, Aménagement du territoire, Commerce et artisanat, Economie, Environnement, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Brest, tram, démocratie, transports en commun
04.07.2007
Une catastrophe sanitaire et sociale
Qui n’a pas parmi ses connaissances, dans sa famille, des victimes de l’amiante ? Mais peu de gens connaissent l’historique de son utilisation et les temporisations qui ont mené à la catastrophe.
IL est utilisé depuis très longtemps ce « produit miracle »; un produit naturel (silicate de chaux et de magnésie) dont les qualités d’isolation thermique sont remarquables. Il est incombustible, inusable et pas cher; on en a donc mis partout, dans les bâtiments, les écoles, les automobiles, sur les bateaux, des appareils ménagers… En 1976, plus de 3000 produits étaient répertoriés « amiante »…
En Amérique du Nord il a été utilisé à grande échelle en fin du 19ème siècle… Mais ce matériau est connu depuis l’antiquité. A Rome, et probablement aussi en Grèce, ses fibres étaient tissées et on s’en servait comme linceul pour les rois et les grands personnages afin que leurs cendres ne se mêlent pas à celles du bûcher. Pline l’Ancien au premier siècle avant J.C. le considérait comme responsable d’une des maladies de l’esclave…
1906, en France ; par une note sur l’hygiène et la sécurité dans les filatures et tissages d’amiante, un inspecteur du travail M.Auribault, en dénonce déjà les dangers : il préconise d’appliquer la loi de 1893 qui prévoyait la ventilation et l’évacuation des poussières dans les établissements industriels… L’application de ces préconisations dans la seule filature de Condé sur Noiraut aurait sans doute diminué le nombre des victimes : 50 morts en 5 ans. Mais on pouvait encore confondre cette pathologie avec celle de la tuberculose.
Les Anglais sont les pionniers pour établir une réglementation (en 1931). Dans les années 70, il n’y a plus de doute sur le caractère extrêmement dangereux, pour ne pas dire maudit de ce minéral. Il va être interdit dans de nombreux pays d’Europe (Allemagne, Pays Bas, Italie, Suisse, Danemark, Suède, Norvège), aux USA également…
En France, des articles paraissent, reprenant les craintes de sommités lucides du monde médical. Ainsi dans le Télégramme du 20 juin 1973: « La poussière d’amiante apparaît comme un facteur cancérigène certain , a déclaré le professeur Bichat à Paris, au cours du congrès international de médecine et de chirurgie thoracique qui réunissait 300 spécialistes venus de 25 pays étrangers… »
En France, les premiers décrets de 1977 et 1978 (pour une meilleure protection des travailleurs et l’interdiction du flocage dans les locaux d’habitation) auraient pu laisser espérer une évolution. Pourtant les pratiques ne changent pas fondamentalement. Il n’y a pas eu de détermination majeure en matière de prévention, ni pour la santé publique en général.
20 ans de perdus. Et la structure qui est créée ensuite ne fera pas avancer les choses, au contraire ; elle cherchera surtout à temporiser. Les victimes sont en droit d’accuser ce Comité permanent de l’amiante qui se met en place en 1984.
Cet organisme a eu pour objectif d’arriver en France à un usage contrôlé de l’amiante et de la maîtrise des risques. Il affirmait notamment que l’amiante blanc ou chrysotile n’était pas plus dangereux que la laine de verre. Les faits démentiront dramatiquement cet avis.
Ce comité était pourtant composé de représentants du gouvernement, de l’INRS, de l’inspection du travail, de médecins du travail, des syndicats, et des industriels de l’amiante… Ces derniers impulsaient alors cette politique des matériaux « amiante » à usage industriel.
En 1994, il faudra la pression médiatique et la volonté d’un ministre de la santé (Elizabeth Hubert, médecin), pour que la loi du silence soit enfin brisée… Tout s’accélère. Les premières actions judiciaires de victimes sont engagées (en particulier dans un lycée technique de l’est de la France).
En 1996, 2 décrets paraissent, un pour le recensement obligatoire de l’amiante dans les bâtiments, un autre concernant la prévention pour les travailleurs ; et en 1997 c’est l’interdiction de ce matériau… Les chantiers de désamiantage d’écoles, de gymnases, d’usines, de navires, de chaufferies sont bien engagés… Mais ces opérations se poursuivent-elles actuellement avec autant de détermination ? Il faut dire que les programmes et leurs financements sont énormes. Ils restent cependant indispensables et prioritaires pour les matériaux dégradés.
Depuis de nombreuses années déjà, à DCN, les responsables hygiène et sécurité, des ingénieurs se sont mobilisés sur le sujet ; plusieurs chantiers de désamiantage ont été menés. Depuis longtemps des précautions sont prises, car on sait que c’est un travail délicat et dangereux. La plupart des bateaux de la marine nationale demeurent encore chargés. Même le Charles de Gaulle serait pourvu de matériaux à base d’amiante, et surtout de fibres céramiques réfractaires.
Ce qui ne veut pas dire que l’on court des risques en y mettant le pied, car seule la poussière est nocive.
En France, on a trop tardé ; la catastrophe sanitaire apparaît donc dans toute son ampleur, et les procès engagés par les victimes de l’amiante et les veuves se multiplient ... Il s’agit de faits terriblement graves humainement et socialement car ils ont trait à la santé, à la mort malheureusement de beaucoup de personnes qui ont été exposées professionnellement ou dans la vie courante.
L’obligation d’indemnisation ne peut être contestée. Or, actuellement, elle est de plus en plus minorée ; et l’inégalité de traitement (soulignée par l’ANDEVA) selon les tribunaux devant lesquels sont engagés les recours des victimes est particulièrement choquante.
Geneviève Henry, conseillère municipale à Brest
12:00 Publié dans Actualités, Associations, Environnement, Famille, Handicap, Marine, Médias, Politique, Santé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Brest, ANDEVA, politique, bretagne, amiante, industrie, catastrophe sanitaire
30.06.2007
Le Plateau des Capucins.
Pas un bruit, juste une sirène dans le lointain, et les bruits de la ville qui parviennent assourdis par le brouillard. Sur la Penfeld, en bas, pas un mouvement, plus un bateau en réparation. Ce lieu qui fut consacré à la construction navale, ces ateliers où ont travaillé des générations de brestois, tout est désert... L’école des apprentis qui formait les ouvriers de l’Arsenal est abandonnée elle aussi. Les ateliers ont été vidés de leurs machines ; seul et unique, le vieux pilon des forges de 6 tonnes, venu du Creusot il y a bien longtemps restera là, souvenir et témoin d’une époque industrielle révolue.
L’Arsenal a compté dans le passé jusqu’à 8000, 9000 ouvriers, avec tous les corps de métiers liés à la navale…On ne pourra plus écrire, comme dans le Larousse de 1900 : « L’animation vient surtout du port militaire, avec ses bassins, ses parcs, ses usines, ses ateliers de toute espèce »… Tout a changé. Comme chacun le sait, une fois de plus, une révolution technologique s’est imposée à la Marine qui va donc libérer cet endroit dont elle n’a plus l’usage.
Et le plus vite sera le mieux ; il faut que la vie renaisse. D’ailleurs, la transformation prochaine de ce plateau en quartier de ville se prépare. Et l’architecte Fortier va créer là un cœur attractif pour Brest. Les hauts murs seront abattus. Les brestois pourront s’y promener, et les habitants des 500 logements prévus bénéficieront de conditions exceptionnelles ; de même que les touristes et les participants aux séminaires qui seront accueillis ici… Il y aura des bureaux, un hôtel ; avec vue imprenable sur la rade, sur le château, sur les ateliers transformés par un designer.
Ceux-ci seront alors devenus un espace « Image et Son », abritant la Cinémathèque de Bretagne… L’école supérieure des arts y trouvera naturellement sa place…Le Fourneau aussi. Et il serait inimaginable que notre ville, « pôle de la mer » n’en fasse pas un haut lieu des « sciences et technologies de la mer »…
Le devenir des Capucins?…
Un lieu résidentiel de grande qualité architecturale et environnementale? Oui, bien sûr !
Un lieu de mémoire du passé industriel des Arsenaux, de la marine à voile jusqu’à nos jours ? On l’espère.
Souvenir, et aussi continuité ? Ce serait faire injure aux acteurs de ce passé et à la majorité des brestois de ne pas tenir compte de cette exigence…
Comme le fond du Salou, qui peut toujours accueillir des entreprises liées à la navale, cet endroit doit redevenir un lieu d’activités créatrices d’emplois. C’est cela, le développement durable…
Geneviève Henry, Conseillère municipale UDF
13:20 Publié dans Actualités, Aménagement du territoire, Art et Culture, Design/Graff, Economie, Emploi, Environnement, Immobilier, Marine, Patrimoine, Politique, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Brest, politique, environnement, Bretagne, industrie, mer, architecte Fortier
05.06.2007
Lettre à Alain Juppé, Maire de Bordeaux, Ministre d'état chargé de l'aménagement durable
« Le Clémenceau …L’an dernier, départ vers les chantiers indiens, puis retour à Brest…
Le Colbert… Aujourd’hui, après services actifs rendus à la marine, puis comme musée à Bordeaux, il revient lui aussi dans notre port… Les tribulations de ces navires sont symboliques de l’évolution des mentalités et des comportements, et elles posent questions…
Ces bateaux ont fait, à une époque pas si lointaine, la fierté de ceux qui les ont construits, de ceux qui ont servi le pays à leur bord. Et puis, ils ont vieilli et sont devenus indésirables ; d’autant plus que l’amiante, ce matériau utilisé à profusion à l’époque de leur conception a démontré son pouvoir de mort…
Brest a construit ces navires qui furent des fleurons de notre marine. Beaucoup d’autres bateaux civils et militaires arrivent en fin de vie. Grâce aux technologies de pointe, les entreprises brestoises, avec DCNS, peuvent et doivent les déconstruire, et traiter l’amiante. Le choix de Brest, pôle de la mer, comme site de déconstruction des vieux navires est logique.
A nous, pays riches de nous en occuper, comme de tous les déchets que nous produisons. Cette activité est noble si elle est conçue dans le respect de l’homme et de l’environnement, mais elle doit être rentable pour que les industriels brestois puissent créer cette filière et donc ces emplois nouveaux dont Brest a besoin. A ce propos, l’aide financière de l’Europe serait en conformité avec la décision prise au niveau européen de ne pas « océaniser » les vieux bateaux.
Mais les activités industrielles et la volonté du « risque zéro » auquel nous aspirons tous ne font pas toujours bon ménage… Nous en avons l’illustration dans notre ville, sur le terre plein de Saint Marc, zone gagnée à grand prix sur la mer. A cause d'un stockage de gaz, la loi Seveso 2 (votée en 2003 après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse) a conduit ici à fixer un important « périmètre de sécurité », en fait à un blocage de toute activité commerciale ou industrielle nouvelle, à des interdits pour les particuliers… Paradoxe d'une loi sensée protéger les habitants ! Son interprétation très restrictive et la frilosité de l’administration ont créé dans ce secteur portuaire une situation très pénalisante pour une ville déjà sans perspective économique et en perte de population…
La notion de « développement durable » n’a d'intérêt que si elle concilie qualité de vie et activités, et donc travail pour nos enfants; et nous ne doutons pas que ce soit l'objectif du nouveau gouvernement. Nous avons voulu profiter symboliquement de la coïncidence entre la création de votre ministère et l’arrivée du Colbert pour vous lancer un appel en ce sens ;
-pour que soit enfin réglé de manière raisonnable ce problème Seveso;
-pour qu’une filière de déconstruction de vieux navires soit créée à Brest;
Nous vous remercions de bien vouloir porter votre attention sur Brest Métropole Océane… »
Geneviève henry, conseillère municipale et communautaire brestoise
08:45 Publié dans Aménagement du territoire, Economie, Emploi, Environnement, Marine, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, politique, BMO, Seveso, environnement, déconstruction de vieux navires, Colbert
14.05.2007
Au sujet de Seveso… Enfin, on dirait que la situation évolue !
Les articles de journaux bien informés le laisseraient supposer… Et ce serait le « résultat de la concertation entre Brest Métropole Océane, les services de l’état, et les représentants de l’entreprise »… Le CLIC, l’instance de « concertation » par excellence sera réunie en fin juin… Espérons qu’elle apportera enfin des nouvelles positives et précises.
A cause de la loi Seveso de 2003, malgré les interventions des élus auprès des responsables, auprès des ministères concernés, malgré la mobilisation de la population, malgré les propositions constructives de l’entreprise Imporgal, rien ne semblait plus devoir se passer à Saint-Marc et sur le polder.
C’était comme un gel du développement dans cette zone urbanisée de longue date… Bien sûr, des permis étaient accordés « au coup par coup », quelques extensions de maisons, la construction d’une surface commerciale au bourg de Saint-Marc. Des autorisations avaient été données (avant la loi) pour bâtir des immeubles de grand standing, et ceux-ci sont en cours de finition. Mais les particuliers sont toujours pénalisés. Deux poids, deux mesures en quelque sorte…
Cette situation n’est pas saine et elle n’a que trop duré. Et il est temps d’en arriver à une décision claire et réaliste pour concilier les « enjeux de sécurité et de développement du port », et des entreprises ; et rendre aux habitants leurs droits (en particulier, celui de construire)…
On sait très bien que le risque zéro n’existe pas ; mais l’abus du principe de précaution ne peut engendrer que des frustrations…
18:45 Publié dans Actualités, Environnement, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, Seveso, environnement
24.04.2007
Rendre la loi Seveso applicable sans geler le développement économique
Le problème de la zone Seveso à Brest... La balle est maintenant dans le camp de l'état car l'entreprise Imporgal a fait des propositions constructives.
Nombre des communes « Seveso » ont, comme Brest aujourd’hui, des problèmes avec leur autorité de tutelle à propos de l’application de la loi de juillet 2003, dite loi Seveso 2. Mais la période électorale n'est pas favorable à la prise de décisions.
J’ai participé au congrès de l’ANCMRTM « Association Nationale des Communes Confrontées aux Risques Majeurs», association à laquelle la ville de Brest a adhéré récemment. Ce congrès a eu lieu vendredi 13 avril à Gonfreville-l’Orcher. Il s’est prolongé samedi 14 avril par une visite guidée des impressionnantes installations portuaires du Havre.
C’est une obligation d’informer la population, afin de responsabiliser les habitants et les rendre attentifs à tout événement anormal, et donc acteurs… Ce qui est fait au Havre ; les informations sont centralisées dans la tour de la capitainerie du port. Pour leur faire acquérir des réflexes dans la maîtrise des risques, des stages sont organisés pour les jeunes par la ville et les services de sécurité, par les pompiers qui sont ici bien sûr particulièrement vigilants. Ces jeunes pourront participer plus tard à la protection civile…Au Havre, l’effort de prévention est très important.
En tout état de cause, le droit à l’information de la population fait partie de l’esprit de la loi. C’est le rôle des CLIC. Il apparaît souhaitable que ces comités soient présidés par des maires. Ceux-ci sont sur le terrain, veulent que les entreprises vivent, que leurs administrés aient du travail, des logements, des équipements collectifs ; et ils font valoir ce qui leur semble essentiel pour les habitants...
Les représentants de l’état privilégiant souvent l’exigence du risque zéro, c’est l’immobilisme qui prévaut… Comme à Brest en ce moment.
Lors de cette rencontre, ont été dénoncés les CLIC qui ne jouent pas vraiment leur rôle, les PPRT (plans de prévention des risques technologiques) non établis, et surtout la frilosité des DRIRE.
C’est résoudre la quadrature du cercle que de faire en toute sécurité cohabiter usines, habitat, vie urbaine et sociale… Et l’amoncellement législatif et réglementaire ne facilite pas les choses… D'autant plus que la loi et les décrets qui en découlent sont interprétés de façon très variable. Conséquences: des décisions basées sur un excès du principe de précaution sont annulées par le tribunal administratif; des maires passent outre aux avis de la DRIRE et font réaliser les travaux prévus pour leur collectivité…
Cette loi a été votée sous l’effet de l’émotion légitime créée par l’explosion de l’usine AZF à Toulouse. Mais elle est irréaliste. La plupart des élus et des responsables industriels présents ont dit leur inquiétude sur le risque réel de voir les usines et donc les emplois quitter notre territoire.
Cette loi doit être amendée afin de la rendre applicable… Sans pour autant que notre développement économique soit gelé.
11:45 Publié dans Economie, Emploi, Environnement, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, politique, Seveso, environnement
12.04.2007
Un patrimoine ignoré
La villa Mathon, où logea l’architecte chargé de la reconstruction de Brest après la guerre est située rue Poullic Al Lor, et elle est classée monument historique… Mais, en contrebas, totalement ignoré de la plupart des brestois on trouve un véritable site archéologique qui fut manifestement un village industriel du 17ème siècle.
Un four à chaux en parfait état est accessible ; on devine qu’il en existait plusieurs autres au pied de magnifiques murailles très hautes, elles aussi en très bon état malgré une végétation envahissante. Des arbres sont accrochés sur les terrasses ; du lierre s’enroule autour de porches en granite de Kersanton. Un filet d’eau s’écoule d’ une fontaine, ou plutôt d’une aiguade où s’alimentaient probablement en eau douce les navires amarrés en bas, à Porstrein. Sur le mur bétonné d’une construction en ruines on découvre des « corbeaux » caractéristiques de l’architecture Vauban… Des gravats de toutes sortes encombrent les lieux laissés à l’abandon depuis très longtemps, et ignorés, car il s’agissait d’une propriété privée.
Ce vaste espace bénéficie d’une vue superbe sur le port et il a été acheté par un promoteur. Des immeubles doivent y être construits. Il est normal de remettre en état cet endroit et de le rendre accessible aux brestois, à condition de préserver ces vestiges. Des recherches doivent être faites avant de construire quoi que ce soit et surtout avant la moindre destruction. Les restes des remparts ont été mis en valeur lors de la restructuration de la place de la Liberté ; ici aussi on doit faire preuve de respect devant ce témoignage de notre passé…
Geneviève Henry
00:20 Publié dans Environnement, Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrimoine, brest, passé, four à chaux, aiguade, vauban, udf








