14.11.2007

Il faut regarder la réalité en face

Les statistiques ont prouvé que la population brestoise avait déjà perdu 4400 habitants entre 1999 et 2004.
Et maintenant, les chiffres de la dernière rentrée scolaire sont là, inquiétants, car symboliques de l’avenir de notre ville.

-En 2006, la baisse des effectifs fut de 155 enfants dans les maternelles brestoises publiques (un peu moins grande dans le privé).
-En 2007, cette baisse est de 185 enfants.

Les jeunes ménages actifs quittent Brest. C’est maintenant de nouvelles maisons de retraite plus que d’écoles maternelles dont nous aurons besoin.

Et, rappelons que c’est sur une hausse de 3500 ménages par an que la majorité de gauche s’est basée pour établir le PLU et sa politique de grands travaux ; et les lourds investissements, dont surtout le tram, ne peuvent évidemment se justifier que dans une perspective optimiste d’accroissement de la population.

Or, la classe moyenne choisit de quitter la ville (et même l'agglomération) malgré la promesse de ces nouveaux équipements... Conséquences:

-Notre ville vieillit…

-Notre ville s’appauvrit…


Ainsi le prouve la baisse du nombre de foyers fiscaux payant normalement la taxe d’habitation :

46% en 2004

36% en 2005

26 % en 2006


L’état compense en partie ce manque à gagner. Mais cela ne consolera pas vraiment les 26 % de contribuables brestois qui paient l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation ville, la part BMO toujours en hausse, comme la TOM, l’eau … sans oublier le versement transport des entreprises.

On ne voit d’ailleurs pas comment, dans ces conditions, les chefs d’entreprises créateurs d’emplois productifs seraient tentés de venir s’installer dans notre cité.

Or, l’emploi est en berne et c’est toute l’économie brestoise qui souffre. Devant la réalité des chiffres, c’est donc une bonne partie de la politique de la collectivité qui est à remettre en cause.

19.10.2007

La question de la fourniture d'électricité en Bretagne...

Le préfet du Finistère contraint l’exploitant du site éolien de Plouvien à suspendre sa production sous la pression des associations de riverains soumis à des nuisances…
Sans porter de jugement sur la décision en elle-même, ceci amène quelques réflexions au sujet du problème de la production d’électricité en Bretagne, problème soulevé au "Grenelle de l’environnement breton".

Un rappel des chiffres…
La Bretagne produit 5% de l’électricité qu’elle consomme; le Finistère entre 1 et 2%, essentiellement grâce aux éoliennes. Nous sommes en bout de réseau, presque totalement dépendants des autres régions. Ce qui a amené EDF à mettre en garde contre des risques de coupures.
Mais cela n’est pas encore arrivé, donc, on n’en parle pas, un peu comme si le sujet était tabou. Et, d’ailleurs, quel politique oserait dire qu’une centrale pourrait devenir indispensable à la pointe de Bretagne ? Nul n’a oublié l’épisode de Plogoff…

Mais, tiens, bizarrement, on n’entend plus guère les tenants de la doctrine écologiste intégriste protester contre l’électricité d’origine nucléaire ! Serait-ce parce que c’est la moins chère et la moins polluante, (nonobstant la question des déchets, évidemment)?...

Ce sujet mérite un véritable et large débat citoyen, car la consommation est toujours en hausse...

Sommes-nous vraiment prêts, chacun d’entre nous, à faire des économies d’énergie, à changer réellement notre manière de vivre ? Ce sera pourtant indispensable, si nous ne n’appliquons pas rapidement des techniques déjà développées ailleurs :
-Le solaire, la géothermie, sous développés, sans doute par manque d’incitations,
-Les éoliennes … On voit les blocages…
-La méthanisation : Nous sommes dans une région agricole qui doit vivre. Tous les déchets de l’agriculture, comme les déchets ménagers peuvent être transformés en gaz et en électricité. Cela se fait depuis longtemps en Hollande et en Allemagne… Et, ça marche ! Mais, là aussi, chez nous, combien d’oppositions et donc d’immobilisme?...
-L’hydrolien… Le Royaume Uni s’intéresse depuis longtemps à l’énergie issue de la mer… EDF investit dans ce domaine en Angleterre, un comble, quand on sait qu’ici les essais sont balbutiants. (Les chercheurs ne sont guère encouragés.)

Nous avons beaucoup de retard. Mais, ce retard peut être comblé avec une volonté forte pour mobiliser « la matière grise », en créant tout de suite (ainsi que cela a été proposé au Grenelle de l’Environnement breton ) « un centre d’essais des énergies issues de la mer » ; et plus tard, pour impulser une dynamique résolument tournée vers l’avenir, ne pourrait-on pas envisager : « un centre de développement sur les énergies renouvelables ? Nous participerions ainsi au grand défi de demain. N’oublions pas que selon une directive européenne de septembre 2001, la France est censée faire passer de 15 à 21% la proportion de son électricité produite à partir d’énergies renouvelables.

07.10.2007

Solidarité avec JABIL

Avec calme mais détermination, les salariés de JABIL ont manifesté leur colère devant les licenciements qui se profilent … 230 au moins envisagés dans l’entreprise, bien plus si l’on compte les emplois induits. Et le risque est grand de voir à terme ce site fermé, comme cela a été le cas pour bien d’autres. JABIL est le troisième employeur privé de la région brestoise. C’est un nouveau mauvais coup pour Brest !

Brest qui attend toujours cette filière de déconstruction de vieux navires qu’elle était en droit d’espérer mais qui ne semble pas devoir se réaliser ici. Trop peu rentable évidemment ! Et le Clémenceau est toujours en rade, véritable symbole, témoin d’un passé industriel révolu ; la rouille poursuit son oeuvre ; les compétences disparaissent… Et la ville continue à perdre ses habitants.

Mais l’espoir existe.

L’espoir, c’est cette solidarité entre les salariés.
L’espoir, c’est cette mobilisation, comme hier; 2000, 3000 personnes sur la place de la Liberté, dans la rue à leurs côtés.
L’espoir, c’est la présence d’élus, toutes tendances politiques confondues, brestois, ou venant d’autres villes de la région, rappelant à certains la grande aventure du CELIB pour le développement de la Bretagne.

Contre les conséquences néfastes de la mondialisation et pour un développement raisonné, une seule solution, l’union des bonnes volontés en dehors de toute considération idéologique, la solidarité aux niveaux local et régional.

05.10.2007

Unanimité pour JABIL en ce conseil du vendredi 5 octobre 2007

« Le conseil Municipal de Brest réuni le 5 octobre 2007 après avoir pris connaissance du courrier adressé par le Comité d’Entreprise et les sections CGT et FO de Jabil-Brest, et après en avoir délibéré, demande :

-à ALCATEL de surseoir à sa décision de transférer l’activité « fabrication des cartes » et de maintenir l’activité « intégration »,

-à JABIL de s’engager à soutenir financièrement le site de Brest dans cette période transitoire, à assurer sa diversification conformément aux engagements pris en 2002, afin de ne pas mettre en péril sa pérennité ».


C’est là le vœu présenté ce vendredi en conseil municipal.

Une partie des salariés étaient venus présenter leur situation. Encore une fois,il s’agit d’une importante perte d’emplois industriels dans notre ville… Au moins 230 sur les 514 que compte cette entreprise qui fait des bénéfices, mais qui délocalise en Chine une partie de ses fabrications…

Ce sont tous les brestois qui doivent s’émouvoir devant une telle décision. Beaucoup d'entre nous seront sans doute sur la place de la Liberté samedi après midi avec Jabil.

Le vœu a bien sûr été voté à l’unanimité du conseil.

On ne peut s’empêcher d’évoquer ces paroles du Président de la République : « Un pays qui laisse partir ses usines est un pays qui se renie ». Mais en réalité l’impuissance des politiques est grande devant les effets pernicieux de la mondialisation… Et il est sans doute encore loin le temps où l'on pénalisera les entreprises qui délocalisent.

12.07.2007

Ensemble, portons le TGV breton

Il y a quelques jours, nous avons appris avec beaucoup de déception que le train pendulaire breton est sérieusement compromis… Brest et Quimper à 3 heures de Paris, cela risque de ne pas être pour demain.

Notre région a des atouts considérables. Elle attire beaucoup les retraités, mais elle ne pourra pas retenir la jeunesse si les créateurs d’emplois hésitent à s’y installer du fait de sa situation excentrée.

Pour les entreprises, l’attractivité de notre pointe de Bretagne passe impérativement par des transports dignes de notre 21ème siècle, entre la capitale, Rennes, Brest, Quimper; mais pas par le circuit de 12 kilomètres du petit train électrique promis…

Le petit train (ou tram)… Parlons-en! Il était à l’ordre du jour de plusieurs délibérations du dernier bureau de Communauté rajoutant encore un peu plus à son coût :

-accord cadre pour des outils de communication… Dépenses : jusqu’à 3 millions d’euros (HT) ;

-l’assistance juridique… Dépenses : jusqu’à 350 000 euros (HT) ;

-lancement d’une consultation ayant pour objet la maîtrise d’œuvre du pont de Recouvrance. Comment faire passer le petit train sur ce vieux pont? (On nous avait pourtant dit que ce pont ne posait aucun problème!)…. Montant des travaux, objet de la maîtrise d’œuvre : 10 Millions d’euros (HT) ;

-Et, ironie, la 3ème délibération : « développement du pôle multimodal et l’aménagement urbain du quartier de la gare de Brest »…« dans le cadre d’une démarche partenariale de réflexion sur le site de la gare de Brest, à l’occasion des projets tramway et Bretagne à grande vitesse »… Coïncidence bizarre, mais qui devrait nous interpeller.

Quelle est donc la priorité pour notre ville? Dépenser (égoïstement) plus de 300 millions d’euros pour un tram soit disant écologique (mais surtout idéologique) sur un tracé contestable de 12 kilomètres, ou apporter cette contribution au TGV breton et participer ainsi au développement de la pointe de Bretagne ?

Pour les brestois, il n’y a pas photo ! Bien entendu, des partenariats devront être trouvés avec l’état ; on peut penser que des banques bretonnes n’hésiteront pas à nous accompagner sur ce projet…La proposition a d’ailleurs été faite par une banque finistérienne il y a quelques mois. Il faut maintenant agir vite.

Ensemble et avec détermination, ayons la démarche des hommes du « Comité d’Etude et de Liaison des Intérêts Bretons » (plus connu sous le sigle CELIB) qui, dans les années soixante, ont impulsé une dynamique forte pour le développement de la Bretagne, la désenclaver et la conduire à la modernité …

30.06.2007

Le Plateau des Capucins.

Pas un bruit, juste une sirène dans le lointain, et les bruits de la ville qui parviennent assourdis par le brouillard. Sur la Penfeld, en bas, pas un mouvement, plus un bateau en réparation. Ce lieu qui fut consacré à la construction navale, ces ateliers où ont travaillé des générations de brestois, tout est désert... L’école des apprentis qui formait les ouvriers de l’Arsenal est abandonnée elle aussi. Les ateliers ont été vidés de leurs machines ; seul et unique, le vieux pilon des forges de 6 tonnes, venu du Creusot il y a bien longtemps restera là, souvenir et témoin d’une époque industrielle révolue.

L’Arsenal a compté dans le passé jusqu’à 8000, 9000 ouvriers, avec tous les corps de métiers liés à la navale…On ne pourra plus écrire, comme dans le Larousse de 1900 : « L’animation vient surtout du port militaire, avec ses bassins, ses parcs, ses usines, ses ateliers de toute espèce »… Tout a changé. Comme chacun le sait, une fois de plus, une révolution technologique s’est imposée à la Marine qui va donc libérer cet endroit dont elle n’a plus l’usage.

Et le plus vite sera le mieux ; il faut que la vie renaisse. D’ailleurs, la transformation prochaine de ce plateau en quartier de ville se prépare. Et l’architecte Fortier va créer là un cœur attractif pour Brest. Les hauts murs seront abattus. Les brestois pourront s’y promener, et les habitants des 500 logements prévus bénéficieront de conditions exceptionnelles ; de même que les touristes et les participants aux séminaires qui seront accueillis ici… Il y aura des bureaux, un hôtel ; avec vue imprenable sur la rade, sur le château, sur les ateliers transformés par un designer.

Ceux-ci seront alors devenus un espace « Image et Son », abritant la Cinémathèque de Bretagne… L’école supérieure des arts y trouvera naturellement sa place…Le Fourneau aussi. Et il serait inimaginable que notre ville, « pôle de la mer » n’en fasse pas un haut lieu des « sciences et technologies de la mer »…

Le devenir des Capucins?…
Un lieu résidentiel de grande qualité architecturale et environnementale? Oui, bien sûr !
Un lieu de mémoire du passé industriel des Arsenaux, de la marine à voile jusqu’à nos jours ? On l’espère.
Souvenir, et aussi continuité ? Ce serait faire injure aux acteurs de ce passé et à la majorité des brestois de ne pas tenir compte de cette exigence…

Comme le fond du Salou, qui peut toujours accueillir des entreprises liées à la navale, cet endroit doit redevenir un lieu d’activités créatrices d’emplois. C’est cela, le développement durable…
Geneviève Henry, Conseillère municipale UDF

05.06.2007

Lettre à Alain Juppé, Maire de Bordeaux, Ministre d'état chargé de l'aménagement durable

« Le Clémenceau …L’an dernier, départ vers les chantiers indiens, puis retour à Brest…
Le Colbert… Aujourd’hui, après services actifs rendus à la marine, puis comme musée à Bordeaux, il revient lui aussi dans notre port… Les tribulations de ces navires sont symboliques de l’évolution des mentalités et des comportements, et elles posent questions…

Ces bateaux ont fait, à une époque pas si lointaine, la fierté de ceux qui les ont construits, de ceux qui ont servi le pays à leur bord. Et puis, ils ont vieilli et sont devenus indésirables ; d’autant plus que l’amiante, ce matériau utilisé à profusion à l’époque de leur conception a démontré son pouvoir de mort…

Brest a construit ces navires qui furent des fleurons de notre marine. Beaucoup d’autres bateaux civils et militaires arrivent en fin de vie. Grâce aux technologies de pointe, les entreprises brestoises, avec DCNS, peuvent et doivent les déconstruire, et traiter l’amiante. Le choix de Brest, pôle de la mer, comme site de déconstruction des vieux navires est logique.

A nous, pays riches de nous en occuper, comme de tous les déchets que nous produisons. Cette activité est noble si elle est conçue dans le respect de l’homme et de l’environnement, mais elle doit être rentable pour que les industriels brestois puissent créer cette filière et donc ces emplois nouveaux dont Brest a besoin. A ce propos, l’aide financière de l’Europe serait en conformité avec la décision prise au niveau européen de ne pas « océaniser » les vieux bateaux.

Mais les activités industrielles et la volonté du « risque zéro » auquel nous aspirons tous ne font pas toujours bon ménage… Nous en avons l’illustration dans notre ville, sur le terre plein de Saint Marc, zone gagnée à grand prix sur la mer. A cause d'un stockage de gaz, la loi Seveso 2 (votée en 2003 après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse) a conduit ici à fixer un important « périmètre de sécurité », en fait à un blocage de toute activité commerciale ou industrielle nouvelle, à des interdits pour les particuliers… Paradoxe d'une loi sensée protéger les habitants ! Son interprétation très restrictive et la frilosité de l’administration ont créé dans ce secteur portuaire une situation très pénalisante pour une ville déjà sans perspective économique et en perte de population…

La notion de « développement durable » n’a d'intérêt que si elle concilie qualité de vie et activités, et donc travail pour nos enfants; et nous ne doutons pas que ce soit l'objectif du nouveau gouvernement. Nous avons voulu profiter symboliquement de la coïncidence entre la création de votre ministère et l’arrivée du Colbert pour vous lancer un appel en ce sens ;
-pour que soit enfin réglé de manière raisonnable ce problème Seveso;
-pour qu’une filière de déconstruction de vieux navires soit créée à Brest;
Nous vous remercions de bien vouloir porter votre attention sur Brest Métropole Océane… »

Geneviève henry, conseillère municipale et communautaire brestoise

24.04.2007

Rendre la loi Seveso applicable sans geler le développement économique

Le problème de la zone Seveso à Brest... La balle est maintenant dans le camp de l'état car l'entreprise Imporgal a fait des propositions constructives.

Nombre des communes « Seveso » ont, comme Brest aujourd’hui, des problèmes avec leur autorité de tutelle à propos de l’application de la loi de juillet 2003, dite loi Seveso 2. Mais la période électorale n'est pas favorable à la prise de décisions.

J’ai participé au congrès de l’ANCMRTM « Association Nationale des Communes Confrontées aux Risques Majeurs», association à laquelle la ville de Brest a adhéré récemment. Ce congrès a eu lieu vendredi 13 avril à Gonfreville-l’Orcher. Il s’est prolongé samedi 14 avril par une visite guidée des impressionnantes installations portuaires du Havre.

C’est une obligation d’informer la population, afin de responsabiliser les habitants et les rendre attentifs à tout événement anormal, et donc acteurs… Ce qui est fait au Havre ; les informations sont centralisées dans la tour de la capitainerie du port. Pour leur faire acquérir des réflexes dans la maîtrise des risques, des stages sont organisés pour les jeunes par la ville et les services de sécurité, par les pompiers qui sont ici bien sûr particulièrement vigilants. Ces jeunes pourront participer plus tard à la protection civile…Au Havre, l’effort de prévention est très important.

En tout état de cause, le droit à l’information de la population fait partie de l’esprit de la loi. C’est le rôle des CLIC. Il apparaît souhaitable que ces comités soient présidés par des maires. Ceux-ci sont sur le terrain, veulent que les entreprises vivent, que leurs administrés aient du travail, des logements, des équipements collectifs ; et ils font valoir ce qui leur semble essentiel pour les habitants...

Les représentants de l’état privilégiant souvent l’exigence du risque zéro, c’est l’immobilisme qui prévaut… Comme à Brest en ce moment.

Lors de cette rencontre, ont été dénoncés les CLIC qui ne jouent pas vraiment leur rôle, les PPRT (plans de prévention des risques technologiques) non établis, et surtout la frilosité des DRIRE.

C’est résoudre la quadrature du cercle que de faire en toute sécurité cohabiter usines, habitat, vie urbaine et sociale… Et l’amoncellement législatif et réglementaire ne facilite pas les choses… D'autant plus que la loi et les décrets qui en découlent sont interprétés de façon très variable. Conséquences: des décisions basées sur un excès du principe de précaution sont annulées par le tribunal administratif; des maires passent outre aux avis de la DRIRE et font réaliser les travaux prévus pour leur collectivité…

Cette loi a été votée sous l’effet de l’émotion légitime créée par l’explosion de l’usine AZF à Toulouse. Mais elle est irréaliste. La plupart des élus et des responsables industriels présents ont dit leur inquiétude sur le risque réel de voir les usines et donc les emplois quitter notre territoire.

Cette loi doit être amendée afin de la rendre applicable… Sans pour autant que notre développement économique soit gelé.

12.03.2007

L'emploi, priorité des priorités

L’emploi, priorité des priorités.

Dans la campagne présidentielle, l’emploi est la priorité des priorités ; il est au cœur des débats, d’autant plus que les délocalisations menacent… Ainsi, des solutions sont proposées par les candidats pour aider les entreprises et baisser leurs charges afin qu’elles restent compétitives et donc qu’elles créent des emplois…

Chez les brestois aussi, l’inquiétude est présente ; beaucoup d’ouvriers de la navale sont obligés de partir, les compétences disparaissent… La création d’une filière de déconstruction de vieux navires semblait une opportunité dans ce contexte difficile. Elle n’a pas été réclamée fortement par les responsables politiques. Comme si cette activité n’était pas digne de notre ville! Pourtant, si une véritable volonté politique avait été affichée, nous avions tous les atouts pour créer ici une nouvelle industrie qui, grâce aux techniques de pointe aurait respecté l’environnement et les hommes.

Mais, en ce moment, la priorité de nos édiles, c’est le tram, ce coûteux jouet promis lors des dernières élections municipales ; afin, nous dit-on, de participer à un grand combat : la défense de la planète… Pour convaincre les brestois du caractère indispensable de cet équipement, beaucoup d’énergie est déployée, beaucoup d’argent dépensé en communication. Mais il faut aussi faire croire aux habitants méfiants et inquiets pour l’avenir qu’il ne sera pas nécessaire d’augmenter encore leurs impôts pour rembourser les emprunts indispensables au financement d'un tel projet…

Pas facile de les convaincre! Sachant qu’ils ne sont plus que 26% à payer l’impôt à Brest, que le dépeuplement de la ville se précise, que la population vieillit … Alors, qui paiera ? Les entreprises, bien entendu, disent les responsables du projet, par le truchement du versement transport ... On ne voit vraiment pas pourquoi le tram inciterait les chefs d’entreprises à choisir Brest… Ni par quel miracle il pourrait à lui seul y attirer les 20000 ménages attendus pour 2015.

Nous ne sommes pas menacés par la pollution; mais les perspectives d’emploi sont préoccupantes à Brest. C’est mépriser les brestois que, par pure idéologie, d’engager des dépenses faramineuses qui obéreront durablement les capacités d’investissement utile de notre collectivité, en ne tenant aucun compte de la situation actuelle et en prenant le risque de l’aggraver…