20.01.2009

Un pavé dans la mare

La crise étant là, devons nous nous libérer des conventions signées par la France, en particulier celle qui nous interdit d’ « océaniser » les navires en fin de vie (ici les bateaux militaires)?

C’est ce que semble penser le député finistérien, Gilbert Le Bris qui, prenant sans doute en compte la baisse du prix des métaux et donc de la rentabilité, jette un pavé dans la mare en suggérant tout simplement de les envoyer par le fond.

Mais le débarquement de produits dangereux, le recyclage des polluants (y compris l’amiante), sont de toute manière indispensables … Et, quand on parle de « développement durable », il est évidemment inenvisageable de couler les (plus de) 20 000 tonnes de métaux du Clémenceau. (Ce serait un comble, alors même que les particuliers s’astreignent au tri sélectif !).

Des personnes qualifiées, connaissant bien l'entreprise affirment que DCNS a la capacité de déconstruction du Clemenceau dès aujourd’hui, que des études de faisabilité ont déjà été menées, qu'elle a le savoir faire, les plans des bateaux militaires construits par elle, qu'une cale sèche est disponible, et qu'immédiatement après le Clémenceau, on pourra attaquer le Colbert… Des entreprises privées de notre bassin d’emploi sont elles aussi intéressées par ce qui pourrait être la première étape d’une filière nouvelle …

Donc, à nous tous, élus brestois, de la réclamer fortement ! Mais c’est au gouvernement de prendre ses responsabilités en renonçant à envoyer le Clémenceau sur le douteux chantier d’Hartlepool qui n’offre apparemment pas les garanties nécessaires pour l’élimination et le recyclage des polluants.

Pour clore enfin son odyssée, le bon sens commande de le démanteler ici, dans le port où il a été construit.

14.01.2009

Brest fait tache

Sur la carte récapitulant la population du pays de Brest, notre ville fait tache. Année après année, elle perd ses habitants… Nous en sommes à une baisse de 4000 habitants en sept ans…

La conséquence directe sera une diminution de la dotation globale versée par l’état en fonction du nombre d’habitants ; un manque à gagner qui devra être compensé d’une manière ou d’une autre … Il faudrait être naïf pour imaginer que les impôts n’augmenteront pas pour les foyers fiscaux brestois déjà fortement sollicités.

On avait tablé sur 3500 ménages de plus par an pour établir le PLU et la politique de grands travaux. Nous sommes donc devant l’évolution inverse de celle qui était attendue pour justifier les Grands équipements de prestige présentés comme devant « renforcer l’attractivité de la ville ».

Mais pour rendre un territoire attractif, ne doit-on pas avant tout penser à favoriser l’emploi ?
En effet, si les services à la personne se développent à cause du vieillissement de la population, l’emploi industriel décline à Brest… Dans notre Métropole (Océane), la navale perd des compétences… La plupart des jeunes diplômés, nombreux dans les écoles de haut niveau s’exilent car ils ne trouvent pas ici le travail correspondant à leur formation…

Il ne s’agit pas d’avoir une « politique agressive » pour accroître la population, mais une simple politique de bon sens ; en effet, il apparaît inéluctable que Brest continuera à perdre des habitants si la création d’emplois nouveaux durables n’est pas traitée comme une priorité.

07.01.2009

Il est toujours en rade

Le Clémenceau...… Il est toujours en rade ; et il risque de rater la marée de janvier pour entrer dans le port d'Hartlepool.

Certains pensent que l'Etat a pris la meilleure décision en choisissant ce chantier pour le démanteler … Mais, les ennuis se succèdent, comme pour contrarier ce départ de Brest : le chenal d'Hartlepool à recreuser; puis de nouveaux obstacles: des crépidules et des algues japonaises collées sur sa coque.

Nous pourrions en rire, si ce n'était pas triste, car ce dernier gag est un peu symbolique du grand gâchis que représente le départ du Clem.

Le retenir ici était une opportunité à saisir.… Quand on voit les infrastructures portuaires sous-utilisées, quand on sait que nous avions les compétences nécessaires et que nous les perdons, qu'il y avait des entreprises françaises spécialisées pour traiter véritablement l'amiante dont il est encore chargé, que nous aurions pu inaugurer ici une filière de déconstruction respectueuse de l'environnement, on ne peut que nourrir des regrets.

Car l'avenir n'est pas rose pour Brest … Et ce n'est certainement pas la vente des 12 hectares abandonnés par Jabil, ni la perspective des grands chantiers prévus qui pourront nous rassurer sur l'avenir industriel et l'emploi dans notre métropole.

Et nous sommes nombreux à penser qu'une volonté brestoise forte et fermement affirmée aurait pu changer le cours des choses ! Je l'ai dit au dernier conseil municipal, sans écho, malheureusement.

Toutes les notes