27.12.2008

Bientôt l'enquête d'utilité publique... Aux brestois de s'exprimer!

La crise économique et financière est là, très grave, et nous n’avons pas fini d’en subir les conséquences. Pour la résoudre, faut-il choisir une politique de grands travaux ? Ne vaudrait-il pas mieux renoncer à des équipements de prestige coûteux; particulièrement à Brest, ville fiscalement pauvre dont le tram plombera les investissements pour plus de 30 ans ?

Les entreprises de travaux publics y trouveront leur compte, dira-t-on… Oui, mais, les autres?

Dans un contexte déjà déprimé, elles vont être encore plus sollicitées puisque, en prévision de la 2ème ligne de tram, le versement transport est porté à 1,8 % à partir du 1er septembre 2009 … Les employeurs y regarderont certainement à deux fois avant de s’installer à Brest.

Et, que dire des commerces du centre ville menacés par ces travaux gigantesques qui risquent fort de se prolonger? (On doit s’attendre à des arrêts car le quartier Siam est assis sur des remblais ; la présence de bombes est plus que probable… Comment déplacer des réseaux dont on n’a pas les plans ?…).

A moins qu'une aide très importante soit accordée par l’état, et sachant que le coût la première ligne dépasse déjà les 300 millions d’euros (et de nouveaux avenants viennent à chaque bureau ou conseil de communauté alourdir la facture), que la deuxième serait évaluée à environ 150 millions d’euros, les contribuables ont toutes les raisons d’être inquiets pour l’avenir.

Bien sûr, les préoccupations environnementales sont essentielles, mais on peut concilier souci de l’environnement et intérêts des hommes.

Dans le domaine des transports,il y a des idées de bon sens à mettre en œuvre pour vivre selon nos moyens en respectant l’idée de développement durable ; tout d’abord mutualiser les données et utiliser au mieux les moyens existants… Ainsi, le conseil général du Finistère a établi la tarification unique qui permet de se déplacer dans le département pour un coût modique, a amélioré la flotte de cars, leur cadencement… Des aires de covoiturage répondent aux besoins de ceux (de plus en plus nombreux) qui ne peuvent pas (ou ne veulent plus) habiter la grande ville, mais pour qui la voiture restera le mode essentiel de déplacements. Les outils modernes Internet, plateformes téléphoniques sont mis à contribution ; un système d’information en étude au niveau régional ? En somme, la modernité à un moindre coût.

Une voie ferrée inutilisée (ou mal utilisée) devient une bonne solution… La ligne Brest- Kerhuon est déjà un véritable tram entre les deux communes et au-delà ; elle peut être améliorée … Les bateaux bus sont utilisés dans d’autres villes (Lorient, Nantes, Toulon…). Pourquoi pas des transports réguliers sur la rade au prix d’un ticket de bus? Partout les initiatives foisonnent pour diversifier l’offre. Des systèmes de transport à la demande d’une grande souplesse sont proposés… Des voies en sites propres se développent avec des bus innovants …Des pistes cyclables sont aménagées… Dans bien des villes, voitures, vélos électriques sont en location… Pourquoi pas à Brest ?

Ici, le tram, une solution unique et lourde dont nous paierons le prix fort pendant des années... Sa ligne de 14,7 kms effleure seulement les autres communes de BMO ; elle ignore les facs alors que ce sont les jeunes qui utilisent le plus les transports en commun…

Le projet a été lancé en 2001 en tablant sur une augmentation de la population de 20 000 ménages en 5 ans… C’est exactement le contraire qui se passe : les ménages quittent la ville pour s’installer à la périphérie (moins 2,5% cette année encore)… Nous sommes donc confrontés à une baisse et à un vieillissement de la population.

Notre CHER tram devait venir « renforcer l’attractivité de la ville »… Hélas, malgré les grands projets en cours ou prévus, cette attractivité, Brest l’a bel et bien perdue, et le tram qui n’y changera rien…

Regardons la réalité en face ; les perspectives ne sont plus du tout les mêmes qu’en 2001 et il y a d’autres solutions que le tram qui s’inscrivent dans un cadre de développement durable.

En tenant compte de la nouvelle situation financière engendrée par la crise au niveau national et international, et dans un contexte local déjà difficile, les brestois doivent pouvoir s’exprimer sur la question comme ils le firent en 1983, à l’initiative de Pierre Maille (à plus forte raison maintenant qu’on parle de la deuxième ligne).

L’enquête d’utilité publique sera pour les habitants de BMO l’occasion de donner massivement leur avis.