« 2007-06 | Page d'accueil | 2007-08 »
26.07.2007
Contradictions
1989, premier acte politique de la nouvelle équipe municipale de gauche : un référendum pour amener les brestois à refuser le projet de tramway monté par la municipalité précédente… A l’époque, les perspectives économiques étaient pourtant favorables.
En 2007, donc trois mandats plus tard, l’équipe de gauche qui invoque toujours la notion de « démocratie de proximité » veut imposer coûte que coûte ce moyen de transport, et ceci, sans consulter les brestois.
Au début de cette année ont fleuri de grands panneaux publicitaires, échantillons de la débauche de « communication » et des opérations de « relations publiques » coûteuses qui suivront… Ils étaient destinés à amener les brestois à de « Grandes réunions publiques », programmées... «afin que les conseillers de quartier de la ville occupent une Place Privilégiée »...« première étape avant d’engager » avec eux « une Concertation plus approfondie sur certaines thématiques du projet tramway »... suivant les termes employés officiellement.
Mais, ce ne sont que des mots. En réalité, un flou artistique a été maintenu sur tout ce qui peut fâcher… On n’a pas dit la vérité aux brestois.
Ainsi, lors de ces réunions, on ne leur a pas parlé des travaux indispensables pour le passage du tram sur le pont de Recouvrance (travaux pourtant prévisibles) et qui le rendront inutilisable pendant au moins 8 mois, portant probablement un coup terrible au commerce de centre ville et aggravant encore la note pour tous. (A ce propos, rappelons que le coût initial de 245 millions d’euros (HT) dépasse déjà les 300 millions.)
Au cours de ces réunions, on ne leur a pas clairement expliqué que la rue de Siam serait une voie piétonne, de même que la plus grande partie de la rue Jean Jaurès?
Au cours de ces réunions, n’aurait-il pas été logique de considérer les brestois comme des adultes, en reconnaissant que l'intention (de la municipalité actuelle) est de privilégier totalement les transports en commun, et de chasser les voitures de la ville ? C’est un choix fondamental.
La défense de l’environnement est une grande cause à laquelle nul n’est insensible, et les impératifs écologiques sont admis par tout le monde. Mais ceci ne veut pas dire que le tram soit le mode de transport idéal chez nous.
Maintenant que la ville s’appauvrit, le tram ne peut être imposé par idéologie à ceux qui restent y vivre. Sur une sujet qui engage autant leur avenir, l’avis des brestois doit être sollicité, à plus forte raison dans notre cité qui, contrairement à ce qui se passait en 1989, a tendance à se dépeupler.
Geneviève Henry, Conseillère municipale et communautaire
.
22:30 Publié dans Actualités , Aménagement du territoire , Commerce et artisanat , Economie , Environnement , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Brest, tram, démocratie, transports en commun
12.07.2007
Ensemble, portons le TGV breton
Il y a quelques jours, nous avons appris avec beaucoup de déception que le train pendulaire breton est sérieusement compromis… Brest et Quimper à 3 heures de Paris, cela risque de ne pas être pour demain.
Notre région a des atouts considérables. Elle attire beaucoup les retraités, mais elle ne pourra pas retenir la jeunesse si les créateurs d’emplois hésitent à s’y installer du fait de sa situation excentrée.
Pour les entreprises, l’attractivité de notre pointe de Bretagne passe impérativement par des transports dignes de notre 21ème siècle, entre la capitale, Rennes, Brest, Quimper; mais pas par le circuit de 12 kilomètres du petit train électrique promis…
Le petit train (ou tram)… Parlons-en! Il était à l’ordre du jour de plusieurs délibérations du dernier bureau de Communauté rajoutant encore un peu plus à son coût :
-accord cadre pour des outils de communication… Dépenses : jusqu’à 3 millions d’euros (HT) ;
-l’assistance juridique… Dépenses : jusqu’à 350 000 euros (HT) ;
-lancement d’une consultation ayant pour objet la maîtrise d’œuvre du pont de Recouvrance. Comment faire passer le petit train sur ce vieux pont? (On nous avait pourtant dit que ce pont ne posait aucun problème!)…. Montant des travaux, objet de la maîtrise d’œuvre : 10 Millions d’euros (HT) ;
-Et, ironie, la 3ème délibération : « développement du pôle multimodal et l’aménagement urbain du quartier de la gare de Brest »…« dans le cadre d’une démarche partenariale de réflexion sur le site de la gare de Brest, à l’occasion des projets tramway et Bretagne à grande vitesse »… Coïncidence bizarre, mais qui devrait nous interpeller.
Quelle est donc la priorité pour notre ville? Dépenser (égoïstement) plus de 300 millions d’euros pour un tram soit disant écologique (mais surtout idéologique) sur un tracé contestable de 12 kilomètres, ou apporter cette contribution au TGV breton et participer ainsi au développement de la pointe de Bretagne ?
Pour les brestois, il n’y a pas photo ! Bien entendu, des partenariats devront être trouvés avec l’état ; on peut penser que des banques bretonnes n’hésiteront pas à nous accompagner sur ce projet…La proposition a d’ailleurs été faite par une banque finistérienne il y a quelques mois. Il faut maintenant agir vite.
Ensemble et avec détermination, ayons la démarche des hommes du « Comité d’Etude et de Liaison des Intérêts Bretons » (plus connu sous le sigle CELIB) qui, dans les années soixante, ont impulsé une dynamique forte pour le développement de la Bretagne, la désenclaver et la conduire à la modernité …
18:45 Publié dans Actualités , Aménagement du territoire , Economie , Emploi , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : TGV, Brest, Bretagne, Tram, politique, CELIB
09.07.2007
L'accueil de nos anciens
La population vieillit.
Il y a quelques années, c’était déjà un véritable privilège de pouvoir accéder aux foyers logements. Les listes d’attente étaient longues, mais les personnes qui y entraient étaient plus jeunes et en bonne santé. Elles voulaient y passer leurs vieux jours, autonomes, mais entourées, dans une atmosphère chaleureuse. C’est d’ailleurs une réussite, car on vit très vieux, et dans la majorité des cas en bonne forme dans ces foyers logements. Ce qui est à porter au crédit des directrices, du personnel, tous très engagés, très attentifs au bien-être des résidents.
Des résidences de la ville vont être transformées en Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Mais celles qui sont en bonne santé et qui résident là depuis plusieurs années éprouvent des difficultés à accepter la nouvelle situation ; ce qui explique « l’agitation » actuelle à la résidence Louise Le Roux, due surtout à l’inquiétude des personnes concernées et de leurs familles. Ils sont les premiers à « essuyer les plâtres ». Et tout changement est par définition perturbant quand on n’est plus très jeune ; ne serait-ce que lorsqu’il s’agit d’effectuer des travaux indispensables ; même si tout le monde a été prévenu depuis longtemps des bouleversements à venir.
Cette évolution est nécessitée par les nouveaux besoins liés au vieillissement de la population. Grâce à l’APA (allocation pour l’autonomie), le maximum est fait pour maintenir le plus longtemps possible les personnes âgées à leur domicile. On entre donc de plus en plus tardivement en établissement (plus de 80 ans), et la plupart du temps quand la dépendance s’est vraiment installée. C’est la raison de la transformation des résidences Kermaria, Kerlevenez, et Louise Le Roux en Ehpad.
Et, problème de société crucial lié au grand âge, l’augmentation du nombre de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer est impressionnante; d’où la nécessité de créer des structures spécifiques. Sans ignorer cependant que « le défi est tel que seule une mobilisation politique au plus haut niveau pourra résoudre les problèmes liés à la dépendance des personnes âgées».(Le télégramme du 9 juillet)
Mais, faut remarquer qu’il y a toujours beaucoup de demandes pour entrer en résidences (traditionnelles). Or, aucune mise en chantier n’a été faite depuis 1989.
Au niveau local, on peut tout de même agir. On sait qu’il faut compter plusieurs années entre les études et l’ouverture d’une résidence nouvelle. Alors, afin d’accueillir au mieux nos anciens, il faudra faire un bilan des besoins et probablement, envisager de construire à Brest de nouveaux foyers-logements qui seront en même temps des lieux d’animation dans les quartiers?
19:30 Publié dans Associations , Famille , Handicap , Politique , Santé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Vieillesse, Brest, population, société, maladie d'Alzheimer, résidences de personnes âgées
07.07.2007
Pourquoi toujours tout attendre de l’état ?
Il est intéressant de lire les journaux étrangers plus impartiaux que nous-mêmes pour avoir une vision lucide de notre propre pays, et parfois pour prendre conscience de nos erreurs de jugement…
Ainsi, dans le dernier « Courrier International », un journaliste hollandais écrit :
« …Il existe une tradition française bien enracinée qui consiste à attendre son salut de l’état, et même de préférence du chef de l’état. La fascination persistante pour Napoléon et de Gaulle, par exemple, en témoigne. L’idée que le changement peut venir d’en bas, du fourmillement quotidien de millions de gens dans une économie confuse, n’a pratiquement pas sa place dans l’esprit français.
Je ne crois pas que l’on puisse tout attendre de l’état ou du gouvernement, s’était hasardé à dire Lionel Jospin en 1999, alors que Michelin s’apprêtait à licencier 2000 personnes.
A gauche comme à droite, on a aussitôt lancé l’anathème contre le franc-parler de celui qui à l’époque était Premier ministre ; les français n’étaient, semble-t-il pas prêts à entendre ce message. Lionel Jospin avait pourtant raison. »
Aujourd’hui, sur un domaine crucial, celui du désenclavement de la pointe de Bretagne par le transport ferroviaire à grande vitesse, nous sommes quasiment au pied du mur.
Ou bien, ensemble, nous prenons notre destin en main, en faisant des choix et des investissements locaux, ou bien, il est hélas probable que nous attendrons encore longtemps ce TGV que tout le monde s’accorde pourtant à juger indispensable pour le développement de notre région.
Et rappelons nous que la Bretagne a connu ses plus grandes avancées dans les années soixante lorsque des bretons déterminés appartenant au milieu politique, culturel, économique se sont associés dans ce but. L'Etat a alors été au rendez-vous pour apporter son aide.
10:50 Publié dans Actualités , Aménagement du territoire , Associations , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Brest, Bretagne, politique, CELIB, développement, De Gaulle, Lionel Jospin
06.07.2007
L’abri sadi-Carnot va être mis en valeur
Enfin, l’abri Sadi Carnot, ce lieu symbolique du passé de Brest, va être remis en valeur, comme le demandaient les bénévoles de l’Université de la paix (qui y organisaient des visites commentées depuis plusieurs années), comme le demandaient les associations patriotiques, comme le demandaient les familles des victimes, comme je l’ai demandé en Conseil Municipal l’an dernier en tant que membre du collectif mobilisé pour la réhabilitation de cet élément de notre patrimoine…
Cette décision répond à un devoir, car plusieurs centaines de civils français et des dizaines d’allemands (dont on ne connaît pas les noms) ont trouvé la mort dans cet abri. Soixante ans après, il était temps que la ville investisse la somme nécessaire pour en faire un lieu de mémoire et de réflexion sur cet épisode terrible que les vieux brestois n’ont pas oublié, sur la ville détruite, sur les souffrances liées à la guerre en général...
Il n’est pas possible de progresser à marche forcée vers l’avenir en oubliant le passé, même s’il est terrible. « L’indifférence des gens au souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour nos libertés a de quoi glacer le sang», comme l’écrivait l’an dernier un lecteur du Télégramme.
16:55 Publié dans Actualités , Associations , Patrimoine , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, abri Sadi Carnot, patrimoine, associations patriotiques, lieu de memoire
04.07.2007
Une catastrophe sanitaire et sociale
Qui n’a pas parmi ses connaissances, dans sa famille, des victimes de l’amiante ? Mais peu de gens connaissent l’historique de son utilisation et les temporisations qui ont mené à la catastrophe.
IL est utilisé depuis très longtemps ce « produit miracle »; un produit naturel (silicate de chaux et de magnésie) dont les qualités d’isolation thermique sont remarquables. Il est incombustible, inusable et pas cher; on en a donc mis partout, dans les bâtiments, les écoles, les automobiles, sur les bateaux, des appareils ménagers… En 1976, plus de 3000 produits étaient répertoriés « amiante »…
En Amérique du Nord il a été utilisé à grande échelle en fin du 19ème siècle… Mais ce matériau est connu depuis l’antiquité. A Rome, et probablement aussi en Grèce, ses fibres étaient tissées et on s’en servait comme linceul pour les rois et les grands personnages afin que leurs cendres ne se mêlent pas à celles du bûcher. Pline l’Ancien au premier siècle avant J.C. le considérait comme responsable d’une des maladies de l’esclave…
1906, en France ; par une note sur l’hygiène et la sécurité dans les filatures et tissages d’amiante, un inspecteur du travail M.Auribault, en dénonce déjà les dangers : il préconise d’appliquer la loi de 1893 qui prévoyait la ventilation et l’évacuation des poussières dans les établissements industriels… L’application de ces préconisations dans la seule filature de Condé sur Noiraut aurait sans doute diminué le nombre des victimes : 50 morts en 5 ans. Mais on pouvait encore confondre cette pathologie avec celle de la tuberculose.
Les Anglais sont les pionniers pour établir une réglementation (en 1931). Dans les années 70, il n’y a plus de doute sur le caractère extrêmement dangereux, pour ne pas dire maudit de ce minéral. Il va être interdit dans de nombreux pays d’Europe (Allemagne, Pays Bas, Italie, Suisse, Danemark, Suède, Norvège), aux USA également…
En France, des articles paraissent, reprenant les craintes de sommités lucides du monde médical. Ainsi dans le Télégramme du 20 juin 1973: « La poussière d’amiante apparaît comme un facteur cancérigène certain , a déclaré le professeur Bichat à Paris, au cours du congrès international de médecine et de chirurgie thoracique qui réunissait 300 spécialistes venus de 25 pays étrangers… »
En France, les premiers décrets de 1977 et 1978 (pour une meilleure protection des travailleurs et l’interdiction du flocage dans les locaux d’habitation) auraient pu laisser espérer une évolution. Pourtant les pratiques ne changent pas fondamentalement. Il n’y a pas eu de détermination majeure en matière de prévention, ni pour la santé publique en général.
20 ans de perdus. Et la structure qui est créée ensuite ne fera pas avancer les choses, au contraire ; elle cherchera surtout à temporiser. Les victimes sont en droit d’accuser ce Comité permanent de l’amiante qui se met en place en 1984.
Cet organisme a eu pour objectif d’arriver en France à un usage contrôlé de l’amiante et de la maîtrise des risques. Il affirmait notamment que l’amiante blanc ou chrysotile n’était pas plus dangereux que la laine de verre. Les faits démentiront dramatiquement cet avis.
Ce comité était pourtant composé de représentants du gouvernement, de l’INRS, de l’inspection du travail, de médecins du travail, des syndicats, et des industriels de l’amiante… Ces derniers impulsaient alors cette politique des matériaux « amiante » à usage industriel.
En 1994, il faudra la pression médiatique et la volonté d’un ministre de la santé (Elizabeth Hubert, médecin), pour que la loi du silence soit enfin brisée… Tout s’accélère. Les premières actions judiciaires de victimes sont engagées (en particulier dans un lycée technique de l’est de la France).
En 1996, 2 décrets paraissent, un pour le recensement obligatoire de l’amiante dans les bâtiments, un autre concernant la prévention pour les travailleurs ; et en 1997 c’est l’interdiction de ce matériau… Les chantiers de désamiantage d’écoles, de gymnases, d’usines, de navires, de chaufferies sont bien engagés… Mais ces opérations se poursuivent-elles actuellement avec autant de détermination ? Il faut dire que les programmes et leurs financements sont énormes. Ils restent cependant indispensables et prioritaires pour les matériaux dégradés.
Depuis de nombreuses années déjà, à DCN, les responsables hygiène et sécurité, des ingénieurs se sont mobilisés sur le sujet ; plusieurs chantiers de désamiantage ont été menés. Depuis longtemps des précautions sont prises, car on sait que c’est un travail délicat et dangereux. La plupart des bateaux de la marine nationale demeurent encore chargés. Même le Charles de Gaulle serait pourvu de matériaux à base d’amiante, et surtout de fibres céramiques réfractaires.
Ce qui ne veut pas dire que l’on court des risques en y mettant le pied, car seule la poussière est nocive.
En France, on a trop tardé ; la catastrophe sanitaire apparaît donc dans toute son ampleur, et les procès engagés par les victimes de l’amiante et les veuves se multiplient ... Il s’agit de faits terriblement graves humainement et socialement car ils ont trait à la santé, à la mort malheureusement de beaucoup de personnes qui ont été exposées professionnellement ou dans la vie courante.
L’obligation d’indemnisation ne peut être contestée. Or, actuellement, elle est de plus en plus minorée ; et l’inégalité de traitement (soulignée par l’ANDEVA) selon les tribunaux devant lesquels sont engagés les recours des victimes est particulièrement choquante.
Geneviève Henry, conseillère municipale à Brest
12:00 Publié dans Actualités , Associations , Environnement , Famille , Handicap , Marine , Médias , Politique , Santé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Brest, ANDEVA, politique, bretagne, amiante, industrie, catastrophe sanitaire







