« Au sujet de Seveso… Enfin, on dirait que la situation évolue ! | Page d'accueil | Il semble révolu, le temps... »

20.05.2007

A Brest, quand on aime, on ne compte pas

A Brest, quand on aime, on ne compte pas (l’argent du contribuable). Ainsi en témoigne ce nouvel accord cadre présenté en bureau de communauté. Il s’agit d’un parcours de fresques murales sur la rive droite, œuvre qui, selon les termes de la délibération « devra permettre de conforter l’identité et l’attractivité du quartier, de renforcer la reconnaissance et la fierté des habitants » ; les habitants dont la participation devrait être sollicitée, ainsi que celle des écoles, des associations... Des « réunions publiques » devraient aussi, paraît-il, avoir lieu…

Le projet : «la coordination, la direction artistique, la conception-réalisation des peintures », est estimé à 600 000 euros. ! Des partenariats sont sollicités, mais une grande partie du prix de ces œuvres incombera évidemment encore à notre collectivité. Il faut donc espérer que la notion de démocratie de proximité sera vraiment respectée, et que le choix des artistes sera fait dans la plus grande transparence.

Mais peut-on réellement admettre de dépenser ainsi une telle somme ? Même si elle concerne « la rive droite, secteur inscrit dans la géographie du Contrat Urbain de Cohésion Sociale », il s’agit d’une véritable dépense de prestige pour jalonner le parcours du tram.

La décision a suscité des réticences et elle n’a pas fait l’unanimité au bureau de communauté.

Difficile en effet de faire passer toutes les dépenses dans le cadre du « développement durable » qui sert déjà à justifier le (cher) tramway (306 millions d’euros au compteur pour le moment) !

Commentaires

Instituer une œuvre artistique dans un tissu urbain est un cache misère,
qui correspond à masquer ce qui n'a pas été fait au départ.
On répare, on camoufle en se donnant bonne conscience.
Combien de temps cette peinture tiendra-t-elle ?
La seule œuvre d'art intéressante dans une cité est celle de l'architecte.
Posons-nous la question de savoir si nous lui avons donné suffisamment
de liberté pour que sa profession s'appelle bien "conduire l'art" ?
Nos bâtiments anciens (Maisons, châteaux…) étaient beaux à leur époque
et le sont toujours aujourd'hui malgré les modes successives.
Devant la gare SNCF, il existe une "œuvre d'art" qui ne sert pas à grand-chose
sinon à faire croire que l'on sera abrité des intempéries. Quelle surprise pour
le visiteur ! Il parait que vu d'avion, c'est joli. Beau ? c'est à voir.
Un bâtiment de belle architecture est rarement tagué. Les tagueurs savent reconnaitre le travail de l'artiste, car à leur façon, ce sont des artistes.
Quand la mayonnaise est loupée, il faut savoir le reconnaître et la recommencer.
Le premier des artistes sera toujours l'architecte.
Le reste n'est que littérature et peinture.

Ecrit par : Auffret | 20.05.2007

La meilleure façon de "... conforcer la reconnaissance et la fierté des habitants" consiste à intégrer les habitants dans la conception des projets urbains par la mise en place d'une politique active et volontariste de démocratie participative. Avec les actuels "Conseils de quartier" qui fonctionnent en cercle fermé sous le cadrage permanent des élu-e-s, l'on en est hélàs loin car ces conseils recréent un niveau virtuel de délégation supplémentaire.

Un "parcours de fresque" en l'occurence s'apparente à une cautère sur une jambe de bois. Une opération de communication (coûteuse ?) est une chose, investir sur les habitants sur le long terme en est une autre.

A cet effet, l'on peut mettre en parallèle l'organisation de la sympathique et intéressante manifestation "Les fourmis se déchaînent" présentée comme le "festival des initiatives d'habitants " (sic) mais qui est en réalité un remake de la foire des associations qui se déroulait place de la Liberté il y a quelques années.

A vouloir trop nous en mettre plein les yeux, nos élu-e-s en mettent seulement plein le CUCS.

Ecrit par : Chris Perrot | 22.05.2007

Des peintures pour la rive droite et l'argent qui pourrait servir à défricher les lieux d'hier... pas d'unanimité - Celà pourrait pourtant se faire sur le dossier que je vais vous conter :
Un joli cheminement avec la mémoire de Brest à flan de falaises de Porstrein . Bien situé et accessible par le bus, voir le Tram et par bâteau, un lieu rare et reconnu par les historiens (voir Ouest-France du samedi 19 mai) - Une somme de 600000 euros pourrait suffire à se reconnaître Brestois sur ces friches.
Donnons notre avis. Merci Mme Henry

Ecrit par : Quéré | 22.05.2007