25.04.2008

Menaces sur les voies express bretonnes…

Nous n’oublions pas que nous devons à la duchesse Anne (disparue il y a presque cinq siècles) la dispense de l’octroi, et que c’est De Gaulle qui fut à l’initiative du « plan routier breton » et donc de ces voies express gratuites qu’on nous envie.

Mais, nous savons tous le prix élevé d’un billet d’avion Brest Paris… Et, qui peut encore croire que le TGV dépassera Rennes dans un proche avenir ? Non, le désenclavement de notre région excentrée grâce à un autre moyen que le transport routier n’est pas pour demain…

Alors, cette gratuité des voies express ne peut être considérée comme un privilège exorbitant et dépassé.

Il y a 4 ans, la possibilité de faire payer les « utilisateurs plutôt que les contribuables » avait déjà été soulevée au Sénat. Et, malgré le tollé général provoqué à l’époque, on remet ça ! ...

Cette fois, c’est le patron de Cofiroute qui propose à l’état de se désengager de l’entretien des voies express. La générosité du patron de Cofiroute (filiale du groupe Vinci) peut faire sourire lorsqu’il dit : « Nous pouvons faire des investissements pour son compte (de l’état) en étant payés… par l’assujettissement au péage des sections que nous prendrions en charge ».

Une question vient à l’esprit : n’y aurait-il pas un lien entre cette nouvelle menace sur la gratuité de nos voies express et la fermeture simultanée (pour travaux, semble-t-il) de plusieurs aires de repos? Ces fermetures sont exaspérantes pour tous les usagers et particulièrement pour les routiers contraints par la législation à s’arrêter régulièrement pour la sécurité de tous…

19.10.2007

La question de la fourniture d'électricité en Bretagne...

Le préfet du Finistère contraint l’exploitant du site éolien de Plouvien à suspendre sa production sous la pression des associations de riverains soumis à des nuisances…
Sans porter de jugement sur la décision en elle-même, ceci amène quelques réflexions au sujet du problème de la production d’électricité en Bretagne, problème soulevé au "Grenelle de l’environnement breton".

Un rappel des chiffres…
La Bretagne produit 5% de l’électricité qu’elle consomme; le Finistère entre 1 et 2%, essentiellement grâce aux éoliennes. Nous sommes en bout de réseau, presque totalement dépendants des autres régions. Ce qui a amené EDF à mettre en garde contre des risques de coupures.
Mais cela n’est pas encore arrivé, donc, on n’en parle pas, un peu comme si le sujet était tabou. Et, d’ailleurs, quel politique oserait dire qu’une centrale pourrait devenir indispensable à la pointe de Bretagne ? Nul n’a oublié l’épisode de Plogoff…

Mais, tiens, bizarrement, on n’entend plus guère les tenants de la doctrine écologiste intégriste protester contre l’électricité d’origine nucléaire ! Serait-ce parce que c’est la moins chère et la moins polluante, (nonobstant la question des déchets, évidemment)?...

Ce sujet mérite un véritable et large débat citoyen, car la consommation est toujours en hausse...

Sommes-nous vraiment prêts, chacun d’entre nous, à faire des économies d’énergie, à changer réellement notre manière de vivre ? Ce sera pourtant indispensable, si nous ne n’appliquons pas rapidement des techniques déjà développées ailleurs :
-Le solaire, la géothermie, sous développés, sans doute par manque d’incitations,
-Les éoliennes … On voit les blocages…
-La méthanisation : Nous sommes dans une région agricole qui doit vivre. Tous les déchets de l’agriculture, comme les déchets ménagers peuvent être transformés en gaz et en électricité. Cela se fait depuis longtemps en Hollande et en Allemagne… Et, ça marche ! Mais, là aussi, chez nous, combien d’oppositions et donc d’immobilisme?...
-L’hydrolien… Le Royaume Uni s’intéresse depuis longtemps à l’énergie issue de la mer… EDF investit dans ce domaine en Angleterre, un comble, quand on sait qu’ici les essais sont balbutiants. (Les chercheurs ne sont guère encouragés.)

Nous avons beaucoup de retard. Mais, ce retard peut être comblé avec une volonté forte pour mobiliser « la matière grise », en créant tout de suite (ainsi que cela a été proposé au Grenelle de l’Environnement breton ) « un centre d’essais des énergies issues de la mer » ; et plus tard, pour impulser une dynamique résolument tournée vers l’avenir, ne pourrait-on pas envisager : « un centre de développement sur les énergies renouvelables ? Nous participerions ainsi au grand défi de demain. N’oublions pas que selon une directive européenne de septembre 2001, la France est censée faire passer de 15 à 21% la proportion de son électricité produite à partir d’énergies renouvelables.

07.10.2007

Solidarité avec JABIL

Avec calme mais détermination, les salariés de JABIL ont manifesté leur colère devant les licenciements qui se profilent … 230 au moins envisagés dans l’entreprise, bien plus si l’on compte les emplois induits. Et le risque est grand de voir à terme ce site fermé, comme cela a été le cas pour bien d’autres. JABIL est le troisième employeur privé de la région brestoise. C’est un nouveau mauvais coup pour Brest !

Brest qui attend toujours cette filière de déconstruction de vieux navires qu’elle était en droit d’espérer mais qui ne semble pas devoir se réaliser ici. Trop peu rentable évidemment ! Et le Clémenceau est toujours en rade, véritable symbole, témoin d’un passé industriel révolu ; la rouille poursuit son oeuvre ; les compétences disparaissent… Et la ville continue à perdre ses habitants.

Mais l’espoir existe.

L’espoir, c’est cette solidarité entre les salariés.
L’espoir, c’est cette mobilisation, comme hier; 2000, 3000 personnes sur la place de la Liberté, dans la rue à leurs côtés.
L’espoir, c’est la présence d’élus, toutes tendances politiques confondues, brestois, ou venant d’autres villes de la région, rappelant à certains la grande aventure du CELIB pour le développement de la Bretagne.

Contre les conséquences néfastes de la mondialisation et pour un développement raisonné, une seule solution, l’union des bonnes volontés en dehors de toute considération idéologique, la solidarité aux niveaux local et régional.

06.09.2007

Le tram, rien n'est joué

Mardi soir (4 septembre 2007), réunion plénière des conseillers de quartiers pour disserter encore une fois sur le tram!

Accessoirement, nous avons appris qu’une nouvelle dépense (une de plus) apparaissait indispensable : le remplacement de la travée mobile du pont…

Et, encore du temps perdu en perspective dans un semblant de concertation sur quelques détails du projet qui vont mobiliser les conseillers de quartier de septembre 2007 à juin 2008. Comme d’habitude, la démocratie n’y trouvera pas son compte, car ils n’auront même pas voix au chapitre sur la « réorganisation des lignes de bus et de la construction du futur réseau bus/tram » qui intéresserait ceux qui n’habitent pas sur le trajet du tram (c’est-à-dire la majorité)…

Mais nouvelle importante : l’enquête publique n’aura lieu qu’en novembre 2008, cela nous a été confirmé lors de cette réunion. Rien n’est donc irrémédiable. Les brestois savent désormais qu’ils peuvent changer le cours des événements et annuler ce projet.

Heureusement ! Car les perspectives ne sont pas roses pour Brest. Aujourd’hui, les chiffres de la rentrée scolaire sont là, inquiétants, car symboliques de l’avenir de notre ville.
-En 2006, la baisse des effectifs fut de 155 enfants dans les maternelles brestoises publiques (un peu moins grande dans le privé).
-En 2007, cette baisse est de 185 enfants.

Cette rentrée met donc encore une fois en lumière cette réalité : les jeunes ménages actifs avec enfants quittent Brest. Aucune anticipation des responsables politiques qui semblent pris au dépourvu : des locaux, hier encore établissements scolaires sont maintenant vides ; on ne leur a pas trouvé d’affectation précise. Exemples : Pen Ar créac’h, le Guelmeur (maternelle qui avait été rénovée récemment, et que la ville n’a pas cherché à maintenir ouverte)… Mais, c’est vrai ; ce n’est plus d’écoles nouvelles dont nous avons besoin, mais de maisons de retraite, puisque la population brestoise vieillit irrémédiablement.

Rappelons encore une fois que la majorité de gauche avait tablé sur une hausse de 3500 ménages de plus par an pour établir le Plu. Au contraire, la ville a déjà perdu 4400 habitants entre 1999 et 2004, ainsi que l’ont montré les statistiques de l’Insee. Et, ça continue comme nous le constatons aujourd’hui encore.

Les lourds investissements, dont surtout le tram, ne peuvent se justifier que dans une perspective optimiste d’accroissement de la population. C’est donc une bonne partie de la politique de la collectivité qui est à remettre en cause, avant tout pour soutenir l’emploi.

11.08.2007

Motards… Les mal aimés (à Brest)

Eté 2007. Une piste a été bitumée spécialement par la commune, des champs ont été mis à disposition; ceci pour accueillir la 2ème édition du show motos (Stunt-FMX), un véritable spectacle d’envergure internationale qui a attiré l’an dernier 10000 personnes et qui devrait accueillir le double de spectateurs (dont beaucoup de familles) cette année. Cet événement se passe à Saint Evarzec.

La moto compte beaucoup d’adeptes appartenant à tous les milieux sociaux… Pourtant, alors qu’à Saint Evarzec, on accueille à bras ouverts ce grand rassemblement, dans la région brestoise, c’est une sorte d’ostracisme qui se manifeste à leur égard.

Ainsi, à Guipavas, pour le moto cross, ils n’ont plus accès à ce terrain qu’ils utilisaient sans problème depuis plus de 20 ans et qu’ils entretenaient eux-mêmes. A Saint Renan, même volonté de les chasser… Rien pour eux à Brest… On ne comprend vraiment pas pourquoi cette catégorie de citoyens n'auraient pas le droit de pratiquer leur sport. Ne pas leur attribuer des endroits adaptés risque tout simplement d’amener certains à faire de la vitesse sur les routes traditionnelles.

A l’heure où on envisage sur la communauté urbaine de grands équipements sportifs coûteux, , ne serait-il pas temps de programmer au moins la création d’un circuit (qui pourrait être utilisé par les motos écoles) où ils s’entraîneraient sans gêner personne? Cette réalisation ne grèverait pas les finances publiques. C’est une nécessité, pour leur sécurité, et celle de tous …

L'économie induite par la moto a son importance Et nous avons la preuve que les spectacles de moto cross, au même titre que d’autres sports, attirent un public nombreux. Ce ne serait donc que bénéfice pour notre collectivité
Geneviève Henry, conseillère municipale et communautaire

26.07.2007

Contradictions

1989, premier acte politique de la nouvelle équipe municipale de gauche : un référendum pour amener les brestois à refuser le projet de tramway monté par la municipalité précédente… A l’époque, les perspectives économiques étaient pourtant favorables.

En 2007, donc trois mandats plus tard, l’équipe de gauche qui invoque toujours la notion de « démocratie de proximité » veut imposer coûte que coûte ce moyen de transport, et ceci, sans consulter les brestois.

Au début de cette année ont fleuri de grands panneaux publicitaires, échantillons de la débauche de « communication » et des opérations de « relations publiques » coûteuses qui suivront… Ils étaient destinés à amener les brestois à de « Grandes réunions publiques », programmées... «afin que les conseillers de quartier de la ville occupent une Place Privilégiée »...« première étape avant d’engager » avec eux « une Concertation plus approfondie sur certaines thématiques du projet tramway »... suivant les termes employés officiellement.

Mais, ce ne sont que des mots. En réalité, un flou artistique a été maintenu sur tout ce qui peut fâcher… On n’a pas dit la vérité aux brestois.

Ainsi, lors de ces réunions, on ne leur a pas parlé des travaux indispensables pour le passage du tram sur le pont de Recouvrance (travaux pourtant prévisibles) et qui le rendront inutilisable pendant au moins 8 mois, portant probablement un coup terrible au commerce de centre ville et aggravant encore la note pour tous. (A ce propos, rappelons que le coût initial de 245 millions d’euros (HT) dépasse déjà les 300 millions.)

Au cours de ces réunions, on ne leur a pas clairement expliqué que la rue de Siam serait une voie piétonne, de même que la plus grande partie de la rue Jean Jaurès?

Au cours de ces réunions, n’aurait-il pas été logique de considérer les brestois comme des adultes, en reconnaissant que l'intention (de la municipalité actuelle) est de privilégier totalement les transports en commun, et de chasser les voitures de la ville ? C’est un choix fondamental.

La défense de l’environnement est une grande cause à laquelle nul n’est insensible, et les impératifs écologiques sont admis par tout le monde. Mais ceci ne veut pas dire que le tram soit le mode de transport idéal chez nous.

Maintenant que la ville s’appauvrit, le tram ne peut être imposé par idéologie à ceux qui restent y vivre. Sur une sujet qui engage autant leur avenir, l’avis des brestois doit être sollicité, à plus forte raison dans notre cité qui, contrairement à ce qui se passait en 1989, a tendance à se dépeupler.

Geneviève Henry, Conseillère municipale et communautaire









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12.07.2007

Ensemble, portons le TGV breton

Il y a quelques jours, nous avons appris avec beaucoup de déception que le train pendulaire breton est sérieusement compromis… Brest et Quimper à 3 heures de Paris, cela risque de ne pas être pour demain.

Notre région a des atouts considérables. Elle attire beaucoup les retraités, mais elle ne pourra pas retenir la jeunesse si les créateurs d’emplois hésitent à s’y installer du fait de sa situation excentrée.

Pour les entreprises, l’attractivité de notre pointe de Bretagne passe impérativement par des transports dignes de notre 21ème siècle, entre la capitale, Rennes, Brest, Quimper; mais pas par le circuit de 12 kilomètres du petit train électrique promis…

Le petit train (ou tram)… Parlons-en! Il était à l’ordre du jour de plusieurs délibérations du dernier bureau de Communauté rajoutant encore un peu plus à son coût :

-accord cadre pour des outils de communication… Dépenses : jusqu’à 3 millions d’euros (HT) ;

-l’assistance juridique… Dépenses : jusqu’à 350 000 euros (HT) ;

-lancement d’une consultation ayant pour objet la maîtrise d’œuvre du pont de Recouvrance. Comment faire passer le petit train sur ce vieux pont? (On nous avait pourtant dit que ce pont ne posait aucun problème!)…. Montant des travaux, objet de la maîtrise d’œuvre : 10 Millions d’euros (HT) ;

-Et, ironie, la 3ème délibération : « développement du pôle multimodal et l’aménagement urbain du quartier de la gare de Brest »…« dans le cadre d’une démarche partenariale de réflexion sur le site de la gare de Brest, à l’occasion des projets tramway et Bretagne à grande vitesse »… Coïncidence bizarre, mais qui devrait nous interpeller.

Quelle est donc la priorité pour notre ville? Dépenser (égoïstement) plus de 300 millions d’euros pour un tram soit disant écologique (mais surtout idéologique) sur un tracé contestable de 12 kilomètres, ou apporter cette contribution au TGV breton et participer ainsi au développement de la pointe de Bretagne ?

Pour les brestois, il n’y a pas photo ! Bien entendu, des partenariats devront être trouvés avec l’état ; on peut penser que des banques bretonnes n’hésiteront pas à nous accompagner sur ce projet…La proposition a d’ailleurs été faite par une banque finistérienne il y a quelques mois. Il faut maintenant agir vite.

Ensemble et avec détermination, ayons la démarche des hommes du « Comité d’Etude et de Liaison des Intérêts Bretons » (plus connu sous le sigle CELIB) qui, dans les années soixante, ont impulsé une dynamique forte pour le développement de la Bretagne, la désenclaver et la conduire à la modernité …

07.07.2007

Pourquoi toujours tout attendre de l’état ?

Il est intéressant de lire les journaux étrangers plus impartiaux que nous-mêmes pour avoir une vision lucide de notre propre pays, et parfois pour prendre conscience de nos erreurs de jugement…

Ainsi, dans le dernier « Courrier International », un journaliste hollandais écrit :

« …Il existe une tradition française bien enracinée qui consiste à attendre son salut de l’état, et même de préférence du chef de l’état. La fascination persistante pour Napoléon et de Gaulle, par exemple, en témoigne. L’idée que le changement peut venir d’en bas, du fourmillement quotidien de millions de gens dans une économie confuse, n’a pratiquement pas sa place dans l’esprit français.

Je ne crois pas que l’on puisse tout attendre de l’état ou du gouvernement, s’était hasardé à dire Lionel Jospin en 1999, alors que Michelin s’apprêtait à licencier 2000 personnes.

A gauche comme à droite, on a aussitôt lancé l’anathème contre le franc-parler de celui qui à l’époque était Premier ministre ; les français n’étaient, semble-t-il pas prêts à entendre ce message. Lionel Jospin avait pourtant raison. »

Aujourd’hui, sur un domaine crucial, celui du désenclavement de la pointe de Bretagne par le transport ferroviaire à grande vitesse, nous sommes quasiment au pied du mur.

Ou bien, ensemble, nous prenons notre destin en main, en faisant des choix et des investissements locaux, ou bien, il est hélas probable que nous attendrons encore longtemps ce TGV que tout le monde s’accorde pourtant à juger indispensable pour le développement de notre région.


Et rappelons nous que la Bretagne a connu ses plus grandes avancées dans les années soixante lorsque des bretons déterminés appartenant au milieu politique, culturel, économique se sont associés dans ce but. L'Etat a alors été au rendez-vous pour apporter son aide.

30.06.2007

Le Plateau des Capucins.

Pas un bruit, juste une sirène dans le lointain, et les bruits de la ville qui parviennent assourdis par le brouillard. Sur la Penfeld, en bas, pas un mouvement, plus un bateau en réparation. Ce lieu qui fut consacré à la construction navale, ces ateliers où ont travaillé des générations de brestois, tout est désert... L’école des apprentis qui formait les ouvriers de l’Arsenal est abandonnée elle aussi. Les ateliers ont été vidés de leurs machines ; seul et unique, le vieux pilon des forges de 6 tonnes, venu du Creusot il y a bien longtemps restera là, souvenir et témoin d’une époque industrielle révolue.

L’Arsenal a compté dans le passé jusqu’à 8000, 9000 ouvriers, avec tous les corps de métiers liés à la navale…On ne pourra plus écrire, comme dans le Larousse de 1900 : « L’animation vient surtout du port militaire, avec ses bassins, ses parcs, ses usines, ses ateliers de toute espèce »… Tout a changé. Comme chacun le sait, une fois de plus, une révolution technologique s’est imposée à la Marine qui va donc libérer cet endroit dont elle n’a plus l’usage.

Et le plus vite sera le mieux ; il faut que la vie renaisse. D’ailleurs, la transformation prochaine de ce plateau en quartier de ville se prépare. Et l’architecte Fortier va créer là un cœur attractif pour Brest. Les hauts murs seront abattus. Les brestois pourront s’y promener, et les habitants des 500 logements prévus bénéficieront de conditions exceptionnelles ; de même que les touristes et les participants aux séminaires qui seront accueillis ici… Il y aura des bureaux, un hôtel ; avec vue imprenable sur la rade, sur le château, sur les ateliers transformés par un designer.

Ceux-ci seront alors devenus un espace « Image et Son », abritant la Cinémathèque de Bretagne… L’école supérieure des arts y trouvera naturellement sa place…Le Fourneau aussi. Et il serait inimaginable que notre ville, « pôle de la mer » n’en fasse pas un haut lieu des « sciences et technologies de la mer »…

Le devenir des Capucins?…
Un lieu résidentiel de grande qualité architecturale et environnementale? Oui, bien sûr !
Un lieu de mémoire du passé industriel des Arsenaux, de la marine à voile jusqu’à nos jours ? On l’espère.
Souvenir, et aussi continuité ? Ce serait faire injure aux acteurs de ce passé et à la majorité des brestois de ne pas tenir compte de cette exigence…

Comme le fond du Salou, qui peut toujours accueillir des entreprises liées à la navale, cet endroit doit redevenir un lieu d’activités créatrices d’emplois. C’est cela, le développement durable…
Geneviève Henry, Conseillère municipale UDF

05.06.2007

Lettre à Alain Juppé, Maire de Bordeaux, Ministre d'état chargé de l'aménagement durable

« Le Clémenceau …L’an dernier, départ vers les chantiers indiens, puis retour à Brest…
Le Colbert… Aujourd’hui, après services actifs rendus à la marine, puis comme musée à Bordeaux, il revient lui aussi dans notre port… Les tribulations de ces navires sont symboliques de l’évolution des mentalités et des comportements, et elles posent questions…

Ces bateaux ont fait, à une époque pas si lointaine, la fierté de ceux qui les ont construits, de ceux qui ont servi le pays à leur bord. Et puis, ils ont vieilli et sont devenus indésirables ; d’autant plus que l’amiante, ce matériau utilisé à profusion à l’époque de leur conception a démontré son pouvoir de mort…

Brest a construit ces navires qui furent des fleurons de notre marine. Beaucoup d’autres bateaux civils et militaires arrivent en fin de vie. Grâce aux technologies de pointe, les entreprises brestoises, avec DCNS, peuvent et doivent les déconstruire, et traiter l’amiante. Le choix de Brest, pôle de la mer, comme site de déconstruction des vieux navires est logique.

A nous, pays riches de nous en occuper, comme de tous les déchets que nous produisons. Cette activité est noble si elle est conçue dans le respect de l’homme et de l’environnement, mais elle doit être rentable pour que les industriels brestois puissent créer cette filière et donc ces emplois nouveaux dont Brest a besoin. A ce propos, l’aide financière de l’Europe serait en conformité avec la décision prise au niveau européen de ne pas « océaniser » les vieux bateaux.

Mais les activités industrielles et la volonté du « risque zéro » auquel nous aspirons tous ne font pas toujours bon ménage… Nous en avons l’illustration dans notre ville, sur le terre plein de Saint Marc, zone gagnée à grand prix sur la mer. A cause d'un stockage de gaz, la loi Seveso 2 (votée en 2003 après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse) a conduit ici à fixer un important « périmètre de sécurité », en fait à un blocage de toute activité commerciale ou industrielle nouvelle, à des interdits pour les particuliers… Paradoxe d'une loi sensée protéger les habitants ! Son interprétation très restrictive et la frilosité de l’administration ont créé dans ce secteur portuaire une situation très pénalisante pour une ville déjà sans perspective économique et en perte de population…

La notion de « développement durable » n’a d'intérêt que si elle concilie qualité de vie et activités, et donc travail pour nos enfants; et nous ne doutons pas que ce soit l'objectif du nouveau gouvernement. Nous avons voulu profiter symboliquement de la coïncidence entre la création de votre ministère et l’arrivée du Colbert pour vous lancer un appel en ce sens ;
-pour que soit enfin réglé de manière raisonnable ce problème Seveso;
-pour qu’une filière de déconstruction de vieux navires soit créée à Brest;
Nous vous remercions de bien vouloir porter votre attention sur Brest Métropole Océane… »

Geneviève henry, conseillère municipale et communautaire brestoise

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